La Grande forêt d’Obernai

… domiciliés dans les forêts

Dans les registres de l’état-civil d’Obernai, ils sont nés, se sont mariés, eurent des enfants et sont décédés dans les Forêts d’Obernai.

Acte de naissance d'Halter Joseph né le 25 février 1807 dans les forêts d'Obernai.

Acte de naissance d’Halter Joseph né le 25 février 1807 dans les forêts d’Obernai.

Ils étaient fermiers, métayers, cultivateurs, laboureurs, journaliers, bûcherons, scieurs, ouvriers forestiers… de profession. Ils faisaient souvent plusieurs métiers tout au long de leur vie dans les bois.

Gustave Brion, Le Vieux chêne, 1846, huile sur toile, Musée des beaux-arts de Strasbourg. © Wikimedia Commons. Travail personnel Ji-Elle.

Une très ancienne forêt

Carte de Cassini de 1740, feuille de Colmar n° 163

Carte de Cassini de 1740, feuille de Colmar n° 163. IGN Remonter le temps.

“… dès cette époque (moitié du treizième siècle), et probablement dès son origine, Obernai se trouva en possession de sa vaste forêt située derrière la montagne de Sainte-Odile.

Gustave Brion, Les Pèlerins de Sainte Odile. © Wikimedia Commons. Travail personnel Ji-Elle.

La partie occidentale de cette forêt figure en effet, dans les documents du quinzième siècle, comme une possession de temps immémorial et un domaine de l’empire au même titre que la ville même. Quant à la forêt antérieure, une portion de celle-ci ne formait primitivement qu’un seul et même domaine avec l’autre. Nous verrons plus loin comment la ville en fut dépouillée pendant l’interrègne, de sorte que quand elle l’acquit à prix d’argent au seizième siècle, elle ne fit que rentrer dans la possession de son ancienne propriété.

Quelle est l’origine de cet antique patrimoine ? On a voulu y voir un débris des domaines de l’abbaye de Hohenbourg qui serait parvenu à la ville lors de l’usurpation accomplie par les Hohenstauffen ; mais cette hypothèse est anéantie par les titres de l’abbaye qui indiquent comme limite du territoire de Hohenbourg le circuit du mur païen.

Ce dernier territoire paraît lui-même être une gratification accordée au duc Athic par les rois mérovingiens et avoir été détaché à cette occasion d’un ensemble plus considérable. On sait en effet que la théorie romaine, assez goûtée des rois francs, laquelle adjugeait au chef de l’Etat tous les biens vagues et incultes, fit entrer dans le fisc royal de vastes forêts éloignées de tout centre d’habitation, et que ce fut là l’origine de ces magnifiques chasses qui rendirent le séjour d’Alsace si cher aux rois mérovingiens.

Or, tout indique que le groupe de montagnes qui comprend le plateau de Sainte-Odile et les hauteurs du Champ-du-Feu, ainsi que celle du Ban-de-la-Roche, formait primitivement un grand tout qui était propriété du fisc public. Tout ce vaste domaine, quoique partagé plus tard en plusieurs fiefs, continua néanmoins à relever de l’Empire.

Il était limité au nord par la grande forêt épiscopale, laquelle, d’après la charte de 1059 que nous avons citée, commençait à la villa d’Otton, dite Ottenrode (Ottrott), et embrassait toute la vallée de la Bruche, en comprenant les forêts actuelles de Boersch et de Bischofsheim.

Ce que nous pouvons conclure de ces données, c’est que la forêt d’Obernai, faisant partie primitivement du vaste domaine royal que nous venons d’indiquer, devint dès l’époque franque l’apanage particulier de la villa royale d’Ehenheim, à moins qu’on ne veuille admettre qu’elle ne fût détachée du fisc public qu’à l’époque des Hohenstauffen, lesquels en auraient fait cadeau, en guise de patrimoine, à la localité qu’ils auraient élevée au rang de ville”.

Histoire de la ville d’Obernai I-II, tome premier, page 71, Abbé J. GYSS, Laffitte reprints, 1978, réimpression de l’édition de Strasbourg, 1866
Gustave Brion, Forêt de Bischoffsheim, "12e jour", crayon gras sur papier beige, 1844, Cabinet des estampes et des dessins de Strasbourg.

Gustave Brion, Forêt de Bischoffsheim, « 12e jour », crayon gras sur papier beige, 1844, Cabinet des estampes et des dessins de Strasbourg. © Wikimedia CommonsTravail personnel Ji-Elle.

Complément (PDF) : Plaquette de présentation de la Forêt indivise d’Obernai-Bernardswiller.

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