Joseph Halter, chronique 1914-1918

Alsacien né le 13 janvier 1894 à Klingenthal, mon grand-père Joseph Halter est incorporé dans l’armée allemande en juillet 1914. Un mois avant le début de la guerre (1er août 1914 : déclaration de guerre de l’Allemagne à la Russie, 3 août 1914 : déclaration de guerre de l’Allemagne à la France). Jusqu’au 27 septembre 1918 où il est blessé près de Biaches. Il appartient à la :

  • IVe armée allemande, duc de Wurtemberg
    • 18e corps actif / Frankfort-sur-le-Main, Hesse
      • 25e Division d’Infanterie (25. (Großherzoglich Hessische) Infanterie-Division) / Darmstadt
        • 50e Brigade d’Infanterie (2. Großherzoglich Hessische) / Mainz
          • 117e Régiment de la Garde d’Infanterie (Infanterie-Leibregiment Großherzogin [3. Großherzoglich Hessisches] Nr. 117)

Le 7 mars 1915, la 50e Brigade d’Infanterie (25e Division d’Infanterie) est dissoute. Le 117e Régiment d’Infanterie est affecté à la 49e Brigade :

  • 49e Brigade d’Infanterie (2. Großherzoglich Hessische)
    • 117e Régiment de la Garde d’Infanterie (Infanterie-Leibregiment Großherzogin [3. Großherzoglich Hessisches] Nr. 117) => Carte postale du 3 avril 1915
      • 8e Compagnie (?)
        • 2e Bataillon

En 1917, Joseph Halter fait partie du :

  • 115e Régiment de la Garde d’Infanterie (Leibgarde-Infanterie-Regiment [1. Großherzoglich Hessisches] Nr. 115)
    • 3e Compagnie de Mitrailleuses (3. Maschinen-Gewehr Kompanie) => Diplôme de remise de la médaille de la bravoure (Für Tapferkeit) du 13 mars 1917 et Feldpostkarte du 15 juin 1917

Du 27 septembre 1918 au 2 mai 1919 où il est rapatrié en France, il fait partie du :

  • 115e Régiment d’Infanterie, 1er Bataillon d’Ersatz, Services de soins => Certificat de blessé de guerre du 25 septembre 1919

Le « Gefreite » (soldat de 1ère classe ou caporal) Joseph Halter a été : « Musketier » (mousquetaire, voltigeur), « Gardefüsilier » (Garde-fusilier), « Schütze » (tireur, chasseur).

LES MITRAILLEUSES ALLEMANDES MAXIM MG08 (Maschinengewehr 1908) :
Mitrailleuse allemande - Collection privée

Mitrailleuse allemande. Collection privée.

La mitrailleuse allemande Maxim MG08 (Maschinengewehr 1908) tire des cartouches d’infanterie sur bande de toile. Chaque régiment est doté de 6 mitrailleuses. La cadence de tir est de 200 à 600 coups/ minute. Le refroidissement se fait par eau*, contenue dans un manchon autour du canon.

* ou glycérine en hiver (Source : René Halter, oral).

La dotation organique de chaque régiment est d’une compagnie à 6 mitrailleuses (plus une arme en réserve). La Maxim Mle 1908 est le véritable modèle standard. Utilisant la force de recul, elle tire la munition d’infanterie de 7,92 mm dont l’alimentation se fait par bandes souples en tissu comportant 250 cartouches. Arme excellente tirant avec une cadence de 400 à 500 coups/min jusqu’à 4 000 mètres, elle présente deux inconvénients : son poids (18 kg avec le manchon réfrigérant vide, plus 31,5 kg pour l’affût) et son système de refroidissement nécessitant 4 litres d’eau.

  • Source : LA MACHINE A VAINCRE, L’armée allemande 1914-1918 : Habillement, équipement, armement : une modernisation inachevée. Page 91. Jean-Claude LAPARRA, 14-18 ÉDITIONS, septembre 2006.

Le 25 avril 1915, le manchon réfrigérant de la mitrailleuse Mle 1908, exposé en raison de sa position quand l’arme est installée pour tirer, est équipé d’une plaque de blindage en forme de tuile, laquelle protège aussi une partie du visage du tireur. En juin, la bouche du canon est pourvue d’un renforceur de recul augmentant la cadence de tir.

  • Source : LA MACHINE A VAINCRE, L’armée allemande 1914-1918 : L’accroissement de la puissance offensive et défensive de l’infanterie. Page 142. Jean-Claude LAPARRA, 14-18 ÉDITIONS, septembre 2006.
Maschinengewehre in Tätigkeit. Mitrailleuses allemandes en action

Maschinengewehre in Tätigkeit. Mitrailleuses allemandes en action. Collection privée.

Maschinengewehrabteilung in Feuer. Unité allemande de mitrailleuses au feu.

Maschinengewehrabteilung in Feuer. Unité allemande de mitrailleuses au feu. Collection privée.

Infanterie-Maschinen-Gewehr-Kompagnie. Compagnie d'infanterie de mitrailleuses.

Infanterie-Maschinen-Gewehr-Kompagnie. Compagnie d’infanterie de mitrailleuses. Collection privée.

Maschinengewehrtransport auf Pferden. Transport d'une mitrailleuse sur un cheval.

Maschinengewehrtransport auf Pferden. Transport d’une mitrailleuse sur un cheval. Collection privée.

Maschinen-Gewehr-Abteilung in Erwartung des Feindes. Section de mitrailleurs allemands en attente de l'ennemi.

Maschinen-Gewehr-Abteilung in Erwartung des Feindes. Section de mitrailleurs allemands en attente de l’ennemi. Collection privée.

Chronique 1914 / 1918 de la IVe Armée allemande, 25e Division d’Infanterie Royale Prussienne (Grand-duc de Hesse) :

Note : J’ai écrit cet article en mai 2008. Depuis certaines sources internet n’existent plus. Je les indique toutefois en suivant l’adresse URL par la mention : (site désactivé).

1914

5 août 1914 :

IVe armée allemande : Elle commence sa concentration dans la région de Trier – Diekirch – Luxembourg – Sierck. Elle doit faire mouvement entre Fumay (aile droite) et Neufchâteau (aile gauche).

10 août 1914 :

IVe armée allemande : Le Q.G. est à Trêves.

12 août 1914 :

IVe armée allemande : Arlon est envahi par un détachement du 18e C.A.

13 août 1914 :

IVe armée allemande : Occupe Neufchâteau dans les ardennes belges.

17 août 1914 :

IVe armée allemande : Elle se trouve dans le Grand-Duché de Luxembourg et pénètre dans le Luxembourg belge. Elle reçoit à 21h30 l’ordre de l’O.H.L. de commencer la grande conversion vers la France.

19 août 1914 :

IVe armée allemande : Commence une lente progression à travers les Ardennes et atteint avec ses têtes de colonnes le front Attert – Bastogne, sa gauche marchant d’est en ouest au nord d’Arlon.

20 août 1914 :

IVe armée allemande : L’armée marche face à l’ouest. Elle est fort dispersée en largeur et profondeur dans un carré de 50 km de côté et fait route vers Neufchâteau.

En première ligne à droite, le 8e C.A. est dans le couloir de Dinant, sur la route de Givet, séparé par 15 km de forêts de son voisin du centre. Celui-ci, le 18e C.A., est dans la partie nord de la clairière de Neufchâteau, séparé par 15 km de forêts de son voisin de gauche, le 6e C.A., qui est en pleine forêt au sud-est de Neufchâteau.

Le ciel est couvert, empêchant les reconnaissances aériennes. Vers midi, le ciel se dégage et les aviateurs signalent que les Français se concentrent au nord de la Meuse et de la Chiers, au nord de la ligne Mézières – Montmédy.

Le duc de Wurtemberg conclut que les Français se portent en avant et ne sont plus qu’à une étape de son armée.

Les C.A. de première ligne sont invités à se mettre « en position d’attente » face au sud-ouest.

– 8e C.A. en travers de la route de Givet

18e C.A. sur le front Maissin – Anloy – Ochamps – Recogne

– 6e au sud-est de Neufchâteau.

Dans le courant de la nuit, le Duc de Wurtemberg apprend que le Kronprinz veut passer à l’attaque et demande par conséquent au 6e C.A.R d’obliquer vers le sud (Tintigny) pour couvrir le flanc droit du 5e C.A. Le fait d’apporter de l’aide à l’armée du Kronprinz fait passer le front de l’armée de 50 à 60 km.

Le 6e C.A. enverra vers 6h la 6e division sur Rossignol et la 9e par Marbehan sur Tintigny.

25e Division d’Infanterie : Combat à Longlier

Longlier (en wallon Longliè) est une section de la ville belge de Neufchâteau située en Région wallonne dans la province de Luxembourg.

Dés l’aube, différents détachements de cavalerie française de la 4e et 9e division ainsi que le premier bataillon du 87e Régiment d’infanterie, commandé par le commandant CUSSAC, arrivent dans HAMIPRE et prennent position pour tenter de refouler les avant-gardes prussiennes. Ils sont appuyés de deux batteries de 75 mm et d’une compagnie de cyclistes…

Au nord-est d’HAMIPRE, des éléments des 81e, 87e et 88e régiments de la HESSE ennemie sont dissimulés dans les sapinières.

Vers 10h00, la bataille est engagée sur un front de 5 km, depuis RESPELT jusqu’à HAMIPRE en passant par LONGLIER.

Les combats sont inégaux, les forces ennemies sont démesurées face aux résistances françaises.

La vaillance des soldats français est héroïque , cependant les victimes sont trop nombreuses et vers 14h00, le repli est ordonné…

L’ennemi envahit le village et sème la terreur !!

21 août 1914 :

IVe armée allemande : L’armée a franchi vers 10h la ligne de Neufchâteau – Bastogne – Houffalize et a commencé à pivoter sur son aile gauche pour faire face au sud-ouest (Givet – Etalle), comme il est prévu dans le plan Schlieffen. Une brigade mixte est dirigée sur Beauraing afin de maintenir la liaison avec von Hausen.

Le duc de Wurtemberg avise Moltke que les aviateurs de la IVe armée ont repéré de fortes colonnes en marche sur le front Stenay -Montmédy (6 C.A. au moins).

Le 8e C.A. a marché sur Grupont et Smuid, le 18e sur Libin et Libramont, le 18e C.A.R. sur Ebly et Anlier, le 6e restant à Léglise -Mellier comme pivot.»

Source : http://www.sambre-marne-yser.be/article=4.php3?id_article=39

22-23 août 1914 :

25e Division d’Infanterie : Bataille de Neufchâteau

En ce début d’août 1914, les événements se précipitent un peu partout en Europe. Le 4 août, les Allemands ont franchi la frontière. Rapidement, ils vont marcher sur Liège, puis atteindre Bruxelles le 20 août. Durant cette période, notre région reste une sorte de no man’s land privilégié où les patrouilles adverses – françaises et allemandes – se croisent dans des péripéties tantôt pittoresques, tantôt dramatiques.

Le choc de la réalité

Cette période d’attente et d’incertitude, pleine de rumeurs confuses, prendra fin brutalement le 20 août 1914 aux portes de Neufchâteau. Ce jour-là, la 21e division d’infanterie allemande, tête de pont de la XVIIIe armée du Kronprinz, se heurte à la 9e division de cavalerie française. Le combat laissera quelques 950 victimes sur le terrain. Deux jours plus tard, le Corps Colonial français affrontera la XVIIIe armée allemande (28.000 hommes !) à Neufchâteau. La bataille, qui prend place parmi les grandes batailles du 22 août dans le sud Luxembourg (avec Luchy, Maissin, Rossignol, etc), laissera plus de 3.000 victimes côté français et 4.300 côté allemand.

Sambre-Marne-Yser : Août – Novembre 1914 : Bataille de Neufchâteau (21 – 25 août 1914) :

Voyant que l’armée allemande défile d’ouest en est conformément au plan Schlieffen, Joffre donne l’ordre à la IVe armée de remonter vers le nord afin de prendre les armées allemandes de flanc et les couper en deux. L’armée française s’engage dans la forêt des Ardennes, escomptant un effet de surprise, mais entretemps, les armées allemandes ont déjà opéré leur conversion vers le sud. C’est une bataille de rencontre qui va tourner au désavantage des Français…

Croyant attaquer l’armée allemande de flanc, dans son mouvement d’est en ouest, Joffre a déclenché une offensive visant à couper l’armée allemande en deux. En fait, les IVe et Ve armées allemandes ont déjà entamé leur conversion vers le sud selon le plan de Moltke. Ruffey et de Langle vont attaquer les deux armées allemandes de front. Sur le plan tactique, l’armée allemande dispose d’une réelle supériorité : l’armée sait se dissimuler dans les bois, creuser des tranchées. Ce sera une mauvaise surprise pour les armées françaises qui vont devoir retraiter, en subissant de grosses pertes.

22 août 1914 :

LA GRANDE GUERRE, Pierre Miquel, Fayard, 1983, Les premières batailles, Page 122.

Source : LA GRANDE GUERRE, Pierre Miquel, Fayard, 1983, Les premières batailles, Page 122.

Comme le fait remarquer Rocolle, le terrain (des Ardennes) n’était pas moins difficile pour les Allemands : « L’armée du duc de Wurtemberg (4e) n’avait qu’un couloir de 35 kilomètres, entre les 3e et 5e armées allemandes, pour faire avancer ses trois corps actifs et ses deux corps de réserve ». Elle ne pouvait opposer aux Français que les trois premiers corps, et de Langle de Cary disposait, en face, de cinq corps et demi, au moins dix divisions opérationnelles, avec le renfort de deux divisions de cavalerie. Cependant, l’attaque est mal préparée, mal éclairée. Les cavaliers signalent vers Neufchâteau, but de l’opération, la présence de deux divisions allemandes. Le corps colonial, qui aura pour mission d’attaquer Neufchâteau, néglige cet avertissement et s’avance en confiance. On sait que l’état-major de la 4e armée allemande vient d’être transporté de Trèves à Bastogne et que le duc de Wurtemberg s’apprête à infléchir son mouvement de l’ouest vers le sud, comme le recommande le plan Schlieffen à toutes les grandes unités.

  • Source : LA GRANDE GUERRE, Pierre Miquel, Fayard, 1983, Les premières batailles, Page 132.

IVe armée allemande : A 2h du matin, le duc de Wurtemberg est avisé du mouvement de la Ve armée qu’il juge imprudent. Il décide sur-le-champ que le 6e C.A. flanquera le 5e en se portant à Tintigny et que le 18e C.A.R. prendra ses dispositions à Neufchâteau pour marcher aussi, le cas échéant, vers le sud-ouest, les 18e et 8e C.A. prendront position à hauteur de Libramont – Anloy et de Wellin – Lomprez. Le 8e marchera de Bastogne vers Saint-Hubert.

Ordre est donné aux troupes de se retrancher.

Sitôt la décision prise par le duc de Wurtemberg de soutenir le 5e C.A., l’alarme est donnée au 6e C.A. A 5h30, la 12e division se met en route de L’Eglise vers Rossignol, la 11e de Thibésart sur Tintigny. Deux heures plus tard, la division de droite se heurte aux Français en pleine forêt.

Source : http://www.sambre-marne-yser.be/article=4.php3?id_article=40

25e Division d’Infanterie : Bataille à Maissin, Anloy, Bertrix, Ochamps.

11e C.A. (français) : Le mouvement commence à 4h.

• A droite, la 22e division suit la direction Auby – Fayt-les-Veneurs.

• La 21e division suit la route de Bouillon à Paliseul.

L’objectif visé est Maissin. Ce village occupe le centre d’une clairière. Au sud et à l’ouest s’élève une ligne de hauteurs qui en défendent les approches. A l’ouest, le terrain est plus découvert.

D’après ces considérations, le général Eydoux confie à la 22e division la tâche d’engager le combat de front à cheval sur la route de Paliseul à Maissin, tandis que la 21e division, appuyée par son artillerie de corps, déborderait l’ennemi par l’ouest. Le 2e chasseurs occupe Maissin après en avoir chassé un escadron allemand. Il reçoit l’ordre d’explorer vers le nord, en explorant dans la direction de Baraques.

A peine les éclaireurs du 19e régiment se montrent-ils devant Maissin que de tous les bois d’alentour surgissent des masses allemandes, qui garnissaient des tranchées préparées à l’avance. Vers le milieu du jour, le 19e engage le combat de front, à cheval sur la route de Paliseul à Maissin. Il entre rapidement dans ce village. Son action est préparée puis appuyée par l’artillerie divisionnaire. Le feu des allemands, qui disposent d’un grand nombre de mitrailleuses, est d’une extrême violence. Les batteries françaises sont prises à partie par un feu bien réglé de 77 et de 105.

Cependant, le 19e gagne du terrain dans Maissin, au prix de pertes très sensibles. Le régiment finit par conquérir le village de Maissin.

Dans son mouvement offensif, la 22e division a été appuyée par la 21e. Partie de Paliseul à 9h30, elle débouche d’Our à 15h et marche par brigades accolées, la 42e à droite sur Maissin et la 41e à gauche. L’artillerie bat d’abord les lisières du bois et déclenche son tir à 15h15. Il est impossible de repérer l’artillerie allemande. Vers 19h50, la droite de la 42e brigade pénètre dans Maissin. La 41e brigade refoule l’adversaire vers les hauteurs d’Anloy. La 21e division effectue une charge à la baïonnette. La division hessoise (25e) bat en retraite et recule de 15 km. Une contre-attaque allemande a lieu à 2h du matin, mais sans succès.

Cependant, la flanc-garde de droite est obligée de se replier, quant à celle de gauche, elle lutte à Porcheresse.

Dans la nuit du 22 au 23, le 11e C.A. est en pointe, ses deux flancs découverts. A droite, la retraite du 17e C.A. compromet sa sécurité. Pour ne pas être coupé de Bouillon, la 11e C.A. doit battre en retraite.

Les pertes du 19e régiment sont lourdes : 9 officiers et 300 hommes tués, 4 officiers et 600 hommes blessés ou disparus. Sur le front de la 21e division, les Allemands ont eu 2.800 tués. Le gros de l’armée, non poursuivi, peut s’installer dans Bouillon.

17e C.A. (français) : D’après l’ordre donné le 22 août, le 17e C.A. doit opérer son mouvement en trois colonnes, précédées du 9e chasseurs.

– Celle de droite doit suivre l’itinéraire Herbeumont – BertrixOchamps. Elle est constituée par la 66e brigade avec deux groupes d’artillerie divisionnaire. L’autre brigade de la 33e division doit dès 4h être à la lisière est de la forêt d’Herbeumont et tenir par ses avant-postes la ligne de la Vierre entre Saint-Médard et Orgéo.

– Les deux colonnes de gauche sont constituées par la 34e division doivent marcher par Cugnon – Géripont sur Assenois – Jehonville ; la 68e par Dohan, Fays-les-Veneurs sur Offagne.

Le général Poline marche au centre du corps d’armée. Les Français ignorent que les deux divisions allemandes du 18e C.A. se porteraient sur Ochamps et sur Bertrix venant de l’est, ce qui compromet fortement la droite. Pourtant, deux D.C. avaient exploré les environs de Neufchâteau jusqu’à la veille.

Les trois colonnes doivent traverser une zone boisée. Elles passent la Semois. Un brouillard épais masque tous les mouvements à l’observation aérienne.

Les avant-gardes du 17e C.A. atteignent la route Paliseul – Bertrix à 10h. L’avant-garde du 11e est à Bertrix. Vers 14h, la 34e division rend compte qu’Offagne paraît occupé. Le général Poline prescrit de procéder méthodiquement à l’attaque en faisant préparer par l’artillerie et après reconnaissance.

Vers 15h, Offagne est pris et la 34e division doit continuer sur Jehonville et Bois de Sart. Sur ces entrefaites, la 66e brigade rend compte qu’elle éprouve des difficultés à pousser jusqu’à Ochamps.

Dès 16h, les obus allemands commencent à tomber à la lisière ouest de la forêt de Luchy, sur les arrières de la 66e brigade. La colonne reflue de la forêt de Luchy. Toute la brigade et neuf batteries s’étaient engagées dans les bois sur un seul chemin. L’un des groupes a été anéanti par l’artillerie lourde allemande. A deux km au sud d’Ochamps, retentit une fusillade nourrie. Les fantassins s’échappent de la forêt par Acremont, au sud-est de Jehonville, essayant de gagner Bertrix, puis Bouillon. Des 36 pièces, 9 seulement ont pu être sauvées. Les autres, surprises en colonnes sous bois, ont perdu leurs attelages.

Les obus allemands atteignent déjà Bertrix et Assenois. Il apparaît que la colonne a dû perdre la liaison avec le 12e C.A., mal éclairée par la cavalerie et par son avant-garde, à découvert sur son flanc droit et les Allemands avaient pénétré dans la forêt à l’est de la route où elle étant entassée, l’artillerie sur la chaussée, l’infanterie sur l’accotement droit.

Il y avait un vide de neuf km entre la droite du 17e C.A. et la gauche du 12e.

Pendant ce temps, la 34e division mène son attaque sur le bois de Sart. Vers 15h, apprenant que le 11e C.A. éprouve de grosses difficultés dans son offensive sur Maissin, le général Poline prescrit à la 34e division d’y coopérer. Dans la soirée, le 11e C.A. est en retraite.

Le général Poline décide de reporter ses troupes derrière la Semois. Vers 19h, il donne ses ordres en conséquence.

– La 33e division doit aller à Herbeumont.

– La 34e doit retraiter sur Cugnon et Dohan.

Les Allemands ne poursuivent pas. LE 17e C.A. a subi de lourdes pertes.

23 août 1914 :

IVe armée allemande : Le 6e C.A. utilise surtout son artillerie pour déloger le corps colonial de Jamoigne. La 16e division chasse une arrière-garde d’Herbeumont, mais la 15e essuie à Plainevaux un retour offensif. Le 8e C.A. tombe à Houdremont et Bièvre, puis à Nafraiture sur des résistances.»

25e Division d’Infanterie : Bois de Saupont, Nouvelly des Loups

24-29 août 1914 :

25e Division d’Infanterie : Bataille de la Meuse

24 août 1914 :

IVe armée allemande : L’armée combat les arrière-gardes françaises entre Semois et Meuse et les refoule.

25e Division d’Infanterie : Matton

Matton-et-Clémency – Département : Ardennes (08) – Région : Champagne-Ardenne – Code postal : 08110 – Noms anciens : Matton, Mattonville

Matton-et-Clémency est une commune française du département des Ardennes faisant partie du canton de Carignan. Région de Champagne-Ardenne. Elle est composée de Matton, bourg s’étalant au fond d’une petite vallée drainée par un ruisseau à truites et du hameau de Clémency. Le territoire communal est de 1829 hectares dont une bonne partie de forêt séparant le village de la frontière belge. (…)

En août 1914, prétextant un comportement hostile de la population, les Prussiens fusillèrent des civils et incendièrent une grande partie du village.

25 août 1914 :

IVe armée allemande : livre un combat à Sedan contre la IVe armée française.

26 août 1914 :

IVe armée allemande : L’armée aborde la Meuse en aval de Stenay jusqu’au-delà de Sedan et force le passage d’abord à Donchéry puis en plusieurs autres points. Elle est contre-attaquée par la IVe armée française au sud de Sedan. Pendant plusieurs jours, son aile droite est immobilisée et son aile gauche doit être rappelée en arrière.

Le duc de Wurtemberg demande un appui de la part de la Ve armée et le C.C. est envoyé vers Stenay en renfort.

25e Division d’Infanterie : Brévilly

Département : Ardennes (08) – Région : Champagne-Ardenne – Code postal : 08140

27 août 1914 :

IVe armée allemande : Suite à une attaque menée par le IIIe armée française, le duc de Wurtemberg réclame une intervention de la part de la IIIe armée (von Hausen).

25e Division d’Infanterie : Villers-devant-Mouzon

Département : Ardennes (08) – Région : Champagne-Ardenne – Code postal : 08210

Village brûlé en 1914.

28 août 1914 :

IVe armée allemande : Le duc de Wurtemberg réitère ses appels de la veille à von Hausen. La IVe armée passe la Meuse. Elle doit marcher vers Epernay via Reims.»

Source : http://www.sambre-marne-yser.be/article=4.php3?id_article=46

25e Division d’Infanterie : Autrecourt

Autrecourt-et-Pourron – Département : Ardennes (08) – Région : Champagne-Ardenne – Code postal : 08210 – Noms anciens : Autrecourt, Pourron

29 août 1914 :

IVe armée allemande : L’armée obtient la reddition du fort des Ayvelles, fort non modernisé, créé par Séré de Rivières.

30 août – 5 septembre 1914 :

25e Division d’Infanterie : Poursuite de la Meuse à la Marne

31 août 1914 :

25e Division d’Infanterie : Sy

Département : Ardennes (08) – Région : Champagne-Ardenne – Code postal : 08390

2 septembre 1914 :

IVe armée allemande : La IVe armée prolonge la IIIe par Autry jusqu’à l’Argonne, où elle se relie à la Ve armée. Elle fait face au sud-est entre la Marne et l’Aisne.

25e Division d’Infanterie : Beaurepaire et Olizy

Olizy : Département : Marne (51) – Région : Champagne-Ardenne – Code postal : 51700

3 septembre 1914 :

IVe armée allemande : Le gros se trouve à 30 km au nord de Vitry-le-François.

4 septembre 1914 :

IVe armée allemande : Le duc de Wurtemberg compte atteindre en soirée la ligne générale Châlons – Sainte-Ménehould. Moltke oriente vers le sud-est l’aile droite de l’armée.

Source : http://www.sambre-marne-yser.be/article=4.php3?id_article=53

A la première heure, les troupes françaises évacuent Reims sans être inquiétées. La IVe Armée allemande y pénètre le 4.

25e Division d’Infanterie : Herpont

Département : Marne (51) – Région : Champagne-Ardenne – Code postal : 51460

5 septembre 1914 :

IVe armée allemande : Le duc de Wurtemberg a atteint la ligne Vitry – Sainte-Ménehould. Il compte porter ses avant-gardes le 6 août au-delà du canal de la Marne au Rhin.

25e Division d’Infanterie : Vanault-les-Dames

Département : Marne (51) – Région : Champagne-Ardenne – Code postal : 51340

6-12 septembre 1914 :

25e Division d’Infanterie : Bataille de la Marne

6 septembre 1914 :

IVe armée allemande : L’armée est arrêtée dans sa poursuite entre les brèches de Mailly et de Revigny et se trouve au sud-ouest de Vitry-le-François jusqu’à l’Ornain. Le duc de Württemberg doit réclamer dès 11h le secours du C.A. de von Hausen (19e) pour permettre à sa droite (8e C.A.) de résister aux attaques de l’aile gauche de l’armée de Langle.

25e Division d’Infanterie : Etrepy, Pargny, Alliancelles

Étrepy : Département : Marne (51) – Région : Champagne-Ardenne – Code postal : 51340

Pargny-sur-Saulx : Département : Marne (51) – Région : Champagne-Ardenne – Code postal : 51340

Alliancelles : Département : Marne (51) – Région : Champagne-Ardenne – Code postal : 51250

La lutte s’étend bientôt sur le canal à l’est de Le Buisson ; à 15 heures, tous les ponts jusqu’à Étrepy sont tombés. Pargny, après un terrible bombardement, est attaqué par le nord et par l’ouest, mais résiste à tous les assauts. Entre Pargny et Sermaize, l’infanterie allemande occupe Alliancelles, mais son attaque s’est brisée devant Remennecourt.

7 septembre 1914 :

IVe armée allemande : Le groupement de gauche de la IIIe armée et la IVe armée forment une longue ligne de Sompuis à Sermaize mais s’épuisent en vain contre la IVe armée française (de Langle de Cary).

25e Division d’Infanterie : Pargny, Sermaize

Sermaize-les-Bains : Département : Marne (51) – Région : Champagne-Ardenne – Code postal : 51250

La 4e armée (française) occupe par sa droite la vallée où coulent l’Ornain, la Saulx et le canal de la Marne au Rhin, c’est-à-dire la partie ouest de la « Trouée de Revigny ». L’attaque des Allemands redouble de violence sur cet objectif important. Leurs efforts se portent principalement sur Sermaize et Pargny, ils veulent à tout prix percer là, dans la direction de Saint-Dizier et de la Marne, afin de tourner la droite de la 4e armée. Les troupes de Langle de Cary résistent héroïquement, mais le 2e corps commence à faiblir sous la pesée. (…)

2e CORPS. – La gauche de la 3e division, combattant pied à pied, parvient à garder Domprémy et à empêcher les forces adverses d’atteindre la ligne de chemin de fer. La droite perd le pont d’Etrepy le 6 au soir, et les Allemands s’emparent de ce village à l’aube du 7. Mais le feu de l’artillerie française, établie entre Pargny et Maurupt, écrase les colonnes débouchant d’Etrepy, aussi bien que celles qui viennent de Le Buisson. La lutte atteint une violence extrême.

Sur le front de la division de droite (la 4e), les Allemands attaquent durement. Dans la matinée, l’infanterie qui défend Sermaize succombe sous la poussée ; dans la crainte d’être tournée, elle évacue la ville en flammes et se replie à travers bois vers Maurupt.

8 septembre 1914 :

IVe armée allemande : Le 8e C.A. entame une progression méthodique avec la coopération de l’artillerie. Sur le front entre Sompuis et Vitry-le-François, l’offensive avance quelque peu mais bientôt le 19e C.A., décimé par les obus, reflue sur la ligne de départ.

Dans la trouée de Revigny, l’aile droite de la IVe armée française (2e C.A.) est obligée de reculer sensiblement au sud de Sermaize. A la faveur de ce mouvement rétrograde, les Allemands commencent à s’infiltrer entre les IVe et IIIe armées par la vallée de la Saulx, affluent de l’Ornain.

25e Division d’Infanterie : Cheminon

Département : Marne (51) – Région : Champagne-Ardenne – Code postal : 51250

8-9 septembre 1914 :

25e Division d’Infanterie : Maurupt-le-Montoy, Pargny

Maurupt-le-Montois : Département : Marne (51) – Région : Champagne-Ardenne – Code postal : 51340

9 septembre 1914 :

IVe armée allemande : Von Hentsch se rend au siège de la IVIe armée. Le duc de Württemberg veut ramener ses C.A. derrière la Marne et le canal de la Marne au Rhin.

10 septembre 1914 :

IVe armée allemande : Elle a essuyé un échec dans son attaque sur Blesmes et a dû replier son aile gauche.

25e Division d’Infanterie : Assaut sur Maurupt-le-Montoy

11 septembre 1914 :

IVe et Ve armées allemandes : Font retraite vers la région de Sainte-Menehould mais ne peuvent pas s’entendre sur le front définitif qu’ils doivent respectivement occuper.

12 septembre 1914 :

IVe armée allemande : Elle occupe au soir le front Suippes – Valmy et compte se retirer vers la ligne Souain – Binarville. Elle reste fortement en avant de la IIIe armée et pourrait être prise à revers. Moltke fait télégraphier au duc de Wurtemberg qu’il doit garder un contact étroit avec les armées voisines.

13 septembre 1914 :

Moltke veut prélever un C.A. sur chaque armée et concentrer ces troupes au plus tôt dans la région nord de Reims, derrière l’aile droite de la IIe armée.

IVe armée allemande : Le duc de Wurtemberg accepte de céder le 18e C.A.

14 septembre 1914 :

25e Division d’Infanterie : Le XVIIIe Corps d’Armée est retiré de la 4e Armée et est affecté à la 2e Armée. Le XVIIIe Corps d’Armée marche à pied dans la région de SemideAure.

Semide : Département : Ardennes (08) – Région : Champagne-Ardenne – Code postal : 08400

Aure : Département : Ardennes (08) – Région : Champagne-Ardenne – Code postal : 08400

14-15 septembre 1914 :

25e Division d’Infanterie : Marche à pied du XVIIIe Corps d’Armée au-delà de NeuflizeReuzy (nord-est de Reims).

Neuflize : Département : Ardennes (08) – Région : Champagne-Ardenne – Code postal : 08300

15-22 septembre 1914 :

25e Division d’Infanterie : Combats près de Reims.

15 septembre 1914 :

25e Division d’Infanterie : Le XVIIIe Corps d’Armée atteint le soir la 2e Armée.

22 septembre 1914 :

25e Division d’Infanterie : Le XVIIIe Corps d’Armée est retiré de la 2e Armée et affecté à la 6e Armée. Marche à pied du XVIIIe Corps d’Armée (sans la 50e Brigade d’Infanterie renforcée qui est subordonnée temporairement à la 7e Armée) dans la région sud de Neufchâtel.

22-25 septembre 1914 :

25e Division d’Infanterie : Marche à pied du XVIIIe Corps d’Armée (sans la 50e Brigade d’Infanterie renforcée qui est subordonnée temporairement à la 7e Armée) au-delà de Laon, La Fère, Guiscard, région sud de Nesle.

Laon : Département : Aisne (02) – Région : Picardie – Code postal : 02000

La Fère : Département : Aisne (02) – Région : Picardie – Code postal : 02800

Guiscard : Département : Oise (60) – Région : Picardie – Code postal : 60640

Nesle : Département : Somme (80)Région : Picardie – Code postal : 80190

23 septembre – 6 octobre 1914 :

25e Division d’Infanterie : Bataille de la Somme

25 septembre 1914 :

25e Division d’Infanterie : Le XVIIIe Corps d’Armée (sans la 50e Brigade d’Infanterie renforcée qui est subordonnée temporairement à la 7e Armée) rejoint la 6e Armée.

27 septembre 1914 :

25e Division d’Infanterie : La 50e Brigade d’Infanterie dépendant de la 7e Armée depuis le 22 septembre réintègre la 6e Armée. Chargement en train de la 50e Brigade d’Infanterie à Laon.

27-28 septembre 1914 :

25e Division d’Infanterie : Transport en train de la 50e Brigade d’Infanterie<sup>e</sup> au-delà de La Fère, Tergnier. Déchargement de la 50e Brigade d’Infanterie à Ham.

Tergnier : Département : Aisne (02) – Région : Picardie – Code postal : 02700

Ham : Département : Somme (80) – Région : Picardie – Code postal : 80400 – Code Insee : 80410 – Noms anciens : Estouilly, Saint-Sulpice

10 octobre 1914 – 18 octobre 1915 :

25e Division d’Infanterie : Combats près de Roye.

Roye : Département : Somme (80) – Région : Picardie – Code postal : 80700

29 octobre – 2 novembre 1914 :

25e Division d’Infanterie : Autour de Le Quesnoy

Le Quesnoy : Département : Nord (59) – Région : Nord-Pas-de-Calais – Code postal : 59530

5 novembre – 4 décembre 1914 :

25e Division d’Infanterie : Combats de position entre Fouquescourt et la route d’Amiens

Fouquescourt : Département : Somme (80) – Région : Picardie – Code postal : 80170

Amiens : Département : Somme (80) – Région : Picardie – Code postal : 80000

20 décembre 1914 – 8 février 1915 :

25e Division d’Infanterie : Combats de position entre la section d’Avre et Beuvraignes

Beuvraignes : Département : Somme (80) – Région : Picardie – Code postal : 80700

1915

10 octobre 1914 – 18 octobre 1915 :

25e Division d’Infanterie : Combats près de Roye.

20 décembre 1914 – 8 février 1915 :

25e Division d’Infanterie : Combats de position entre la section d’Avre et Beuvraignes

9 février – 18 octobre 1915 :

25e Division d’Infanterie : Combats de position entre Lihons et Parvillers

Lihons : Département : Somme (80) – Région : Picardie – Code postal : 80320

Parvillers-le-Quesnoy : Département : Somme (80) – Région : Picardie – Code postal : 80700

3 avril 1915 :

Une carte postale expédiée par sa famille est adressée à : « Musketier » (mousquetaire, voltigeur) Joseph Halter, 8 Komp. (Compagnie ?), 2 Bataillon, Inft. (Infanterie) Leib. (Leibgarde) Regt. (Regiment) 117, 25 Division, 18 Armee Korps ».

© Alain Halter

7 mars 1915 :

25e Division d’Infanterie : La 50e Brigade d’Infanterie (25e Division d’Infanterie) est dissoute. Le 117e Régiment d’Infanterie est affecté à la 49e Brigade.

20 octobre 1915 – 31 janvier 1916 :

25e Division d’Infanterie : Combats de position a l’ouest de Saint-Quentin

Saint-Quentin : Département : Aisne (02) – Région : Picardie – Code postal : 02100

1916

20 octobre 1915 – 31 janvier 1916 :

25e Division d’Infanterie : Combats de position a l’ouest de Saint-Quentin

1-20 février 1916 :

25e Division d’Infanterie : Combats de position à Verdun

Verdun : Département : Meuse (55) – Région : Lorraine – Code postal : 55100

21 février – 28 avril 1916 :

25e Division d’Infanterie : Combats près de Verdun

22 février 1916 :

25e Division d’Infanterie : Prise d’assaut de la Bois des Caures

Lieu-dit non habité de la commune de : Haudainville – Département : Meuse (55) – Région : Lorraine – Code postal : 55100

A l’aube du 22 Février, un ordre bref nous remet en marche et sur la terre gelée des routes, les colonnes pressées des Bataillons s’ébranlent vers la Meuse. Nous traversons Lemmes, Senoncourt, Ancemont. Voici le fleuve, grossi des pluies récentes, recouvrant de ses eaux les plaines qui le bordent, et dont l’inondation a effacé les rives. De çà, de là, quelques bouquets d’arbres émergent des eaux grises qui tumultueusement s’écoulent vers le Nord, léchant au loin, sur l’autre rive, les premières maisons du village de Dieue. De gros obus à bout de course, cherchant les passages, mêlent leurs sifflements sinistres au gémissement de ces eaux qui passent et d’immenses gerbes liquides soulevées par leurs éclatements projettent une buée glaciale sur les ponts et passerelles où soigneusement passent rapidement nos sections pressées. Sans encombre enfin l’autre rive est atteinte. Nous traversons Dieue et remontant au Nord, nous longeons le Canal de l’Est encombré d’innombrables péniches, qui depuis de longs mois ont dû s’arrêter là, et maintenant abritent des troupes en réserve.

Vers midi, au bruit grandissant des canons allemands, le 2e Tirailleurs atteint Haudainville. Le soleil ,à présent, dissipe les nuages, découvrant dans l’azur du ciel une masse d’avions ennemis, petits points blancs à peine perceptibles, qui ronronnent au-dessus de nos têtes, explorant le terrain, étudiant nos défenses. Nous avançons toujours, côtoyant Belrupt, le Fort qui le domine et maintenant Verdun nous apparaît, couronné de hauteurs, traversé par la Meuse dont l’épais ruban gris miroite au loin, sous les feux du soleil qui se couche.

D’énormes projectiles s’abattent sur le Faubourg Pavé, soulevant au milieu d’explosions effroyables d’épaisses colonnes d’une poussière opaque, au-dessus desquelles cependant se détachent, impassibles témoins séculaires et muets de tant d’autres batailles et de sièges, les tours ajourées de l’antique cathédrale.

Nous quittons la grand’route pour contourner la ville. A travers la campagne, marchant vers le Nord-Est, nous gagnons les casernes Chevert et Marceau où nous allons loger. La nuit va tomber ; sous le ciel découvert une intense gelée durcit déjà le sol et frileusement nous nous serrons dans les locaux étroits qui nous sont assignés. A Marceau fonctionne une ambulance ; couverts de sang, transis de froid, des blessés arrivent : ce sont des chasseurs à pied de la Brigade Driant qui luttent, là-haut, vers le Bois des Caures, au Nord de Beaumont. Avides de renseignements, nous nous pressons autour d’eux, mais leurs visages sont sévères, et sous les masques douloureux, les regards expriment une inquiétude que les lèvres se refusent à trahir. L’attaque est des plus violentes ; une formidable artillerie partout écrase le terrain ; d’énormes masses d’infanterie se pressent en avant ; et leur flot impétueux a déjà submergé toute une digue de vaillantes poitrines. Mais Driant est là et ce chef valeureux opposant sa mâle énergie et sa science militaire aux efforts acharnés de l’ennemi, arrêtera sans doute la terrible ruée que contiennent encore ses Chasseurs ! Les heures passent. Un instant, le sommeil efface nos angoisses ; mais des ordres arrivent au milieu de la nuit, dissipant les rêves ébauchés, nous appelant au Combat. De nouveaux blessés succèdent aux premiers, et leurs récits hélas, étalent désormais la triste vérité : la Brigade des Chasseurs n’est plus ; le dernier, glorieusement, leur Chef est tombé, fusil en main, aux lisières du Bois des Caures ; et, maintenant victorieux, l’ennemi s’achemine vers le Bois des Fosses.

Nous partons. Au Ciel s’éteignent les dernières étoiles et rejoints par les unités qui logeaient à Chevert, nous longeons les fossés du Fort Saint-Michel, contournons celui de Belleville. Suivant les pentes Ouest de la Côte de Froideterre, au sifflement des obus qui passent au-dessus d’elles, les colonnes fractionnées des 4 Bataillons cheminent sans encombre à travers champs, fuyant les routes où tombe une pluie de fer, et gagnent le chemin qui de Bras mène à Louvemont, au pied de la Côte du Poivre. Par ci par là des fourgons éventrés, des cadavres sanglants d’hommes et de chevaux encombrent le passage et sans arrêt, les obus éclatent dans le Fond de Heurias que domine notre route. Le 2e Tirailleurs passe sous le commandement du Chef du 30e Corps ; ses 2e et 4e Bataillons, à la disposition de la Division d’Infanterie, gagnent le Ravin Saint-Pierre et le Fond de Navau, au Nord-Ouest de Louvemont ; les 1er et 3e massés dans une carrière au sud de ce village, y attendent de nouveaux ordres.

Dépassant le Bois des Caures, les premières vagues allemandes ont atteint Beaumont : leurs patrouilles avancées menacent le Bois des Fosses, appuyées par des masses qui rapidement progressent dans le Bois de la Wavrille. Très éprouvés, à bout de forces, les Régiments de la 51e Division appellent à l’aide et dans la soirée du 23, le 3e Bataillon suivi d’une 1/2 Compagnie de mitrailleuses est amené par le Commandant Melou jusqu’aux lisières du Bois des Fosses, rejoignant le 2e Zouaves que commande le Lieutenant-Colonel Decherf. Mais la nuit tombe, ramenant un peu de calme. Installés à la corne Ouest du massif boisé, les Tirailleurs attendent sous une nuit glaciale, et deux hommes succombent aux mortelles atteintes du froid.

24 février 1916 :

25e Division d’Infanterie : Prise d’assaut de Beaumont.

Beaumont-en-Verdunois : Département : Meuse (55) – Région : Lorraine – Code postal : 55100 – Nom ancien : Beaumont

Le village de Beaumont fut évacué en septembre 1914, sa population se réfugia dans le midi de la France.

De la mi-août à la mi-octobre, Beaumont se trouva entre les deux lignes : un no man’s land profond de 6 à 7 kilomètres allant de Louvemont à la région boisée au nord du village.

Début octobre, le clocher de l’église fut détruit par l’artillerie allemande.

A la mi-octobre, les troupes françaises occupèrent une ligne jalonnée par la corne nord du bois des Caures, le bois de Ville et le hameau de Soumazannes. Le territoire de la commune était alors tout entier en zone amie et ce jusqu’en février 1916.

Attaque et prise de Beaumont – 24 février 1916. Cette quiétude relative fut soudainement rompue le 21 février 1916. Le bois des Caures, tombé malgré l’héroïque résistance de ses chasseurs, le colonel DRIANT veut retraiter sur Beaumont probablement par l’ancienne route de Flabas qui débouche sur Gobi (territoire de Beaumont). Les colonnes, à la sortie du bois de Champneuville sont assaillies par le feu croisé des mitrailleuses ennemies. Le colonel, à l’arrière garde, est frappé à mort ; mais des fragments de sections réussissent à atteindre Beaumont dont ils renforcent la garnison.

Le 24 février, l’aube se lève sur cette journée cruciale. Le ciel est gris, la neige recouvre le sol, le froid est vif, la bataille pour Beaumont va commencer. Dans le village, les éléments de deux régiments français (4 compagnies) font face à des attaques répétées. A mesure que les troupes du 18e Corps Allemand pénètrent dans le village, elles sont fauchées par des mitrailleuses tirant des soupiraux des caves spécialement aménagées. Les formations ennemies, particulièrement denses, s’avancent avec une telle rapidité, chaque vague passant celle qui la précède, qu’elles semblent littéralement happées par nos armes automatiques, les pertes des assaillants sont extrêmement lourdes. Les allemands recommencent alors le bombardement systématique du village. Cependant lorsqu’ils reprennent leurs assauts, ils trouvent encore une résistance à leur progression. Mais la lutte est trop inégale, quelques éléments parviennent à décrocher et à gagner Louvemont. Ainsi tomba Beaumont dans l’après-midi du 24 février 1916.

A 18 heures, le même jour, près du Joli-Coeur, la lutte continuant dans le bois, silencieuse, à la baïonnette et au couteau. A l’ouest, les débris d’une compagnie maintenait difficilement l’ennemi qui cherchait à déboucher de la crête d’Anglemont.

Tout à coup, un fort parti allemand sort de Beaumont par la rue du moulin en poussant des hourras et atteint la roule nationale, cette fois la retraite est coupée. Le chef de bataillon Eugène Peyrotte rallie quelques débris de compagnies, une soixantaine d’hommes, fait sonner la charge par un clairon encore valide et, par le chemin d’Anglemont se jette à la tête de cette poignée de braves au devant de l’ennemi. Contre toute attente, l’ennemi s’arrête. Surpris, il ne tir même pas, il reflue ; bien mieux, ignorant le degré d’épuisement des nôtres, il ne renouvellera pas sa tentative, ce qui permit de garder ouvert le chemin de la retraite. Ce n’est pourtant que sur ordre, le 25 février à 2 heures du matin que les survivants du 2e Bataillon du 60e RI regagneront la côte du Poivre par la prairie de Vaux, le ravin de Vacherauville et le bois Grillot. »

Village détruit de Beaumont en Verdunois (55)

25-26 février 1916 :

25e Division d’Infanterie : Prise d’assaut des positions de Louvemont et de la Côte-du-Poivre

Louvemont-Côte-du-Poivre : Département : Meuse (55) – Région : Lorraine – Code postal : 55100

Cinq jours d’une bataille effroyable

Après la bataille des frontières (août 1914), le front se situe à 6,7 km du village, au nord de Beaumont. Pour les habitants, le lendemain est incertain, ils vivent au son du canon. La circulation des civils est restreinte, tout déplacement nécessite un laisser-passer. En octobre 1914, une poussée française éloigne de quelques kilomètres le front qui se stabilise.

Pourtant, début 1916, la tension monte. Les Allemands vont attaquer. Mais où ? Quand ? Avec les premiers beaux jours sans doute. Le 12 février, l’autorité militaire donne l’ordre aux habitants d’évacuer Louvemont dans les 24 heures. La préfecture de la Meuse a des difficultés pour trouver des points de chute à ces nouveaux réfugiés.

Le 21 février 1916, dès 6h 30, Louvemont subit un bombardement terrible. Après la chute du Bois des Caures, de Beaumont, d’Ornes, le Colonel Bourgues croit le village perdu dès le 24. En fait, les défenseurs de Louvemont résistent jusqu’au 25 au soir : « Le village était un enfer ; à des intervalles de quelques minutes, on voyait le tir de l’artillerie allemande s’allonger et une vague d’assaut s’élancer en avant. Les défenseurs sortaient aussitôt à la baïonnette, et tout se perdait dans la fumée et la neige qui commençait à tomber très fine. Quelques instants plus tard, la même scène recommençait.

Village détruit de Louvemont (55)

27 février – 21 mars 1916 :

25e Division d’Infanterie : Combats entre Le Chaufour et le Bois Albain

Le Chaufour et Bois Albain : Lieux-dits non habités de la commune de : Douaumont – Département : Meuse (55) – Région : Lorraine – Code postal : 55100

11-28 avril 1916 :

25e Division d’Infanterie : Combats près du Fort Douaumont

29 avril – 10 septembre 1916 :

25e Division d’Infanterie : Combats sur l’Aisne

13 septembre – 4 octobre 1916 :

25e Division d’Infanterie : Bataille de la Somme

5 octobre – 14 novembre 1916 :

25e Division d’Infanterie : Combats de position entre Meuse et Moselle ; combats sur les hauteurs de Meuse a Spada, Saint-Mihiel, Apremont-la-Forêt et Ailly

Spada : Lieu-dit habité de la commune de : Lamorville – Département : Meuse (55) – Région : Lorraine – Code postal : 55300

Saint-Mihiel : Département : Meuse (55) – Région : Lorraine – Code postal : 55300 – Noms anciens : Roche-sur-Meuse, Ailly, Ailly-sur-Meuse

Apremont-la-Forêt : Département : Meuse (55) – Région : Lorraine – Code postal : 55300

26 novembre 1916 :

25e Division d’Infanterie : Bataille de la Somme

27 novembre 1916 – 15 mars 1917 :

25e Division d’Infanterie : Combats de position dans la Somme

1917

27 novembre 1916 – 15 mars 1917 :

25e Division d’Infanterie : Combats de position dans la Somme

16 février – 20 juin 1917 :

25e Division d’Infanterie : Combats devant la ligne Siegfried

  • 13 mars 1917 :

Ernst Ludwig, Grand-duc de Hesse décerne au : « Gardefüsilier » (Garde-fusilier) Joseph Halter du « 3. M. G. K. (Maschinengewehr-Kompanie) des Leibg. (Leibgarde) Inf. (Infanterie) Regt. (Regiment) N° 115″, la médaille de la bravoure (Für Tapferkeit).

© Alain Halter

Cette remise de médaille est peut-être consécutive à la blessure reçue par Joseph Halter lors d’une attaque à la baïonnette par une attaque de Gurkhas (soldats indiens de l’armée anglaise) au bras gauche.

  • Source : René Halter, oral.
Les Hindous en France. Gurkhas, - Le terrible couteau de guerre

Les Hindous en France. Gurkhas, – Le terrible couteau de guerre. Source : http://indians19141915.canalblog.com/archives/2005/11/01/951082.html

Une « Feldpostkarte » (Source A0056) est adressée à : « Schütze » (tireur, chasseur) Halter, 3. M. G. K. (Maschinengewehr-Kompanie) . Leibg. (Leibgarde) Inf. (Infanterie) Regt. (Regiment) 115″

© Alain Halter

21 juin – 20 septembre 1917 :

25e Division d’Infanterie : Combats sur la ligne Siegfried

21 septembre – 13 octobre 1917 :

25e Division d’Infanterie : Bataille d’automne de Flandres

5 novembre – 3 décembre 1917 :

25e Division d’Infanterie : Bataille de Flandres

4 décembre 1917 – 12 février 1918 :

25e Division d’Infanterie : Combats de position dans les Flandres

1918

4 décembre 1917 – 12 février 1918 :

25e Division d’Infanterie : Combats de position dans les Flandres

13 février – 20 mars 1918 :

25e Division d’Infanterie : Combats sur la ligne Siegfried et préparations pour la « Grande bataille de France »

21 mars – 6 avril 1918 :

25e Division d’Infanterie : Grande bataille de France

21-22 mars 1918 :

25e Division d’Infanterie : Percée entre Gouzeaucourt et Vermand

Gouzeaucourt : Département : Nord (59) – Région : Nord-Pas-de-Calais – Code postal : 59231

Vermand : Département : Aisne (02) – Région : Picardie – Code postal : 02490

23-26 mars 1918 :

25e Division d’Infanterie : Combats de poursuite dans la région de la Somme

24 mars 1918 :

25e Division d’Infanterie : Combats près de Bouchavesnes et prise d’assaut du Bois Marières

Bouchavesnes-Bergen : Département : Somme (80) – Région : Picardie – Code postal : 80200

Bois Marières  : Lieu-dit non habité de la commune de : Cléry-sur-Somme – Département : Somme (80) – Région : Picardie – Code postal : 80200

25 mars 1918 :

25e Division d’Infanterie : Prise d’assaut des hauteurs près de Maurepas

Maurepas : Département : Somme (80) – Région : Picardie – Code postal : 80360

27-29 mars 1918 :

25e Division d’Infanterie : Combats près de Cerisy et Morcourt

Cerisy : Département : Somme (80) – Région : Picardie – Code postal : 80800

Morcourt : Département : Somme (80) – Région : Picardie – Code postal : 80340

7-18 avril 1918 :

25e Division d’Infanterie : Combats sur l’Ancre, la Somme et l’Avre

20 avril – 4 août 1918 :

25e Division d’Infanterie : Combats de positions dans les Flandres et l’Artois

5-10 août 1918 :

25e Division d’Infanterie : Combats sur le front d’Ypres – La Bassée

Ypres : Lieu-dit non habité de la commune de : Talmas – Département : Somme (80) – Région : Picardie – Code postal : 80260

11-20 août 1918 :

25e Division d’Infanterie : Bataille de défense entre la Somme et l’Avre

22 août – 2 septembre 1918 :

25e Division d’Infanterie : Bataille d’AlbertPéronne

Albert : Département : Somme (80) – Région : Picardie – Code postal : 80300

Péronne : Département : Somme (80) – Région : Picardie – Code postal : 80200

Une deuxième attaque des Alliés commence le 20. Désormais, l’histoire de cette campagne n’est plus qu’une énumération d’agglomérations perdues par les Allemands : Lassigny et Albert le 22 (le même jour, le massif de Saint-Gobain tombe), Bapaume le 29, Noyon le 30, Péronne le 1er septembre, Ham et Chauny le 6, etc. Au milieu de septembre, les Alliés ramènent l’armée allemande sur la ligne Hindenburg d’où elle s’est élancée le 21 mars. Une troisième, franco-américaine, élimine le saillant de Saint-Mihiel entre le 12 et le 15 septembre.

  • Source : LA MACHINE A VAINCRE, L’armée allemande 1914-1918 : Le crépuscule de la « machine à vaincre », la fin des illusions. Page 285. Jean-Claude LAPARRA, 14-18 ÉDITIONS, septembre 2006.

3-7 septembre 1918 :

25e Division d’Infanterie : Combats sur la ligne Siegfried

8-17 septembre 1918 :

25e Division d’Infanterie : Bataille de défense entre Cambrai et Saint-Quentin

Cambrai : Département : Nord (59) – Région : Nord-Pas-de-Calais – Code postal : 59400

18-26 septembre 1918 :

25e Division d’Infanterie : Combats de position en Lothringen (Lorraine)

Entre les 26 et 28 septembre, une tempête se déchaîne et fait céder les ligne allemandes.

  • Source : LA MACHINE A VAINCRE, L’armée allemande 1914-1918 : Le crépuscule de la « machine à vaincre », la fin des illusions. Page 285. Jean-Claude LAPARRA, 14-18 ÉDITIONS, septembre 2006.

27 septembre 1918 : Biaches (près de Péronne)

Biaches : Département : Somme (80) – Région : Picardie – Code postal : 80200

Le caporal-chef Joseph HALTER, né le 13.1.94, a été blessé le 27 septembre 1918 près de Biaches par tir d’artillerie.

1.) A la tempe gauche, une plaie (partiellement molle) infectée.

2.) Au côté droit de l’articulation du genou : plaie ouverte, large et profonde, très mutilante.

3.) Au bas de la cuisse gauche, au tiers médian, plaie ouverte, large et profonde, infectée.

4.) Aux deux pieds : nombreuses plaies infectées. (…)

  • Source : Certificat de blessé de guerre du 25 septembre 1919

Joseph Halter buvait le café avec sept compagnons quand un obus est tombé. Il fut le seul rescapé. D’habits, il ne lui restait que le ceinturon autour de la taille. La bague de l’obus encerclait son pied gauche.

  • Source : René Halter, oral.

27 septembre – 8 octobre 1918 : Hôpital militaire de chirurgie 79

(…) C’est pourquoi Halter a séjourné du 27.9 – 8.10.18 à l’hôpital militaire de chirurgie 79, (…)

  • Source : Certificat de blessé de guerre du 25 septembre 1919

9-26 octobre 1918 : Hôpital militaire bavarois 60

(…) du 9.10 -26.10.18 à l’hôpital militaire bavarois 60, (…)

  • Source : Certificat de blessé de guerre du 25 septembre 1919

28 octobre 1918 – 14 février 1919 : Hôpital de Verden an der Aller

(…) du 28.10.18 – 14.2.19 à l’hôpital de Verden an der Aller, (…)

  • Source : Certificat de blessé de guerre du 25 septembre 1919

16 février 2 mai 1919 : Hôpital de Bad Orb

(…) du 16.2 – 2.5.19 à l’hôpital de Bad Orb, section I.

Les séquelles à cette blessure sont une atrophie de la jambe gauche ; les mensurations de celle-ci témoignent de ce handicap : haut de la cuisse, à gauche : 41 cm, à droite : 44 cm. chevilles, à gauche : 30 cm, à droite : 33 cm.

Dommages de guerre à prévoir.

  • Source : Certificat de blessé de guerre du 25 septembre 1919

3 mai 1919 : Lettre de rapatriement en France à son frère

Lettre de rapatriement du 3 mai 1919

Mission Militaire Française de Berlin – Berlin, le 3 Mai 1919, Monsieur, Nous sommes avisés que votre frère le sous-officier Joseph Halter dont vous avez demandé le rapatriement a été dirigé sur son pays. Veuillez nous faire savoir s’il est bien arrivé à destination. Il est inutile d’affranchir les lettres. Veuillez agréer, Monsieur, l’expression de mes meilleurs sentiments. Cachet, Rodolphe Strauss (signature) Médecin Major de 1° cl. Rodolphe Strauss Médecin de la Mission Militaire Française à Berlin par ministère de la guerre, 2° Bureau. Courriers Extérieurs Paris. Famille de : Joseph HALTER. Monsieur HALTER Coisevaux (Hte Saône). © Alain Halter

25 septembre 1919 : Certificat de blessé de guerre

Certificat de blessé de guerre du 25 septembre 1991

Le caporal-chef Joseph HALTER, né le 13.1.94, a été blessé le 27 septembre 1918 près de Biaches par tir d’artillerie. 1.) A la tempe gauche, une plaie (partiellement molle) infectée. 2.) Au côté droit de l’articulation du genou : plaie ouverte, large et profonde, très mutilante. 3.) Au bas de la cuisse gauche, au tiers médian, plaie ouverte, large et profonde, infectée. 4.) Aux deux pieds : nombreuses plaies infectées. C’est pourquoi Halter a séjourné du 27.9 – 8.10.18 à l’hôpital militaire de chirurgie 79, du 9.10 -26.10.18 à l’hôpital militaire bavarois 60, du 28.10.18 – 14.2.19 à l’hôpital de Verden an.der Aller, du 16.2 – 2.5.19 à l’hôpital de Bad Orb, section I. Les séquelles à cette blessure sont une atrophie de la jambe gauche ; les mensurations de celle-ci témoignent de ce handicap : haut de la cuisse, à gauche : 41 cm, à droite : 44 cm. chevilles, à gauche : 30 cm, à droite : 33 cm. Dommages de guerre à prévoir. © Alain Halter

A l’hôpital (photographies conservées par HALTER Joseph)

© Alain Halter

© Alain Halter

© Alain Halter

© Alain Halter

Souvenirs de la Somme, Schütze Halter (photographies conservées par HALTER Joseph)

© Alain Halter

Avant et après destructions (photographies conservées par HALTER Joseph)

© Alain Halter

© Alain Halter

© Alain Halter

© Alain Halter

Les tranchées (cartes postales conservées par HALTER Joseph)

© Alain Halter

© Alain Halter

© Alain Halter

La partie de carte (carte postale conservée par HALTER Joseph)

© Alain Halter

Fin de guerre de la 25e Division d’Infanterie Royale Prussienne (Grand-duc de Hesse) :

2-13 octobre 1918 :

25e Division d’Infanterie : Bataille de défense de Flandres

13 octobre – 4 novembre 1918 :

25e Division d’Infanterie : Combats devant et dans la ligne Hermanns

24 octobre – 4 novembre 1918 :

25e Division d’Infanterie : Bataille autour de Valenciennes

Valenciennes : Département : Nord (59) – Région : Nord-Pas-de-Calais – Code postal : 59300

5-11 novembre 1918 :

25e Division d’Infanterie : Combats de retrait devant la ligne Anvers-Meuse

11 novembre 1918 :

25e Division d’Infanterie : Armistice sur le front ouest

12 novembre 1918 :

25e Division d’Infanterie : Début de l’évacuation des régions occupées. Marche de retour au pays

22 juin 1919 : Lettre de rapatriement en France à son père

Lettre de rapatriement du 22 juin 1919

Mission Militaire Française à Berlin. Berlin, le 22.6.1919, Monsieur, Nous sommes avisés que votre fils dont vous avez demandé le rapatriement a été dirigé sur son pays. Veuillez nous faire savoir s’il est bien arrivé à destination. Veuillez agréer, Monsieur, l’expression de mes meilleurs sentiments. Cachet, Rodolphe Strauss (signature) Médecin Major de 1° cl. Rodolphe Strauss. Médecin de la Mission du Général Dupont. Section des Courriers Extérieurs Paris. Ministère de la guerre. Paris. Famille de : Joseph HALTER. (Inutile d’affranchir) Monsieur Halter, Coisevaux près Héricourt. © Alain Halter

Raymond Halter

Quelle ne fut pas ma surprise dernièrement, de tomber sur la page d’homonymie des Halter dans Wikipédia et de trouver : « Raymond Halter (1925-1998), prêtre catholique marianiste français ».

Je possède une édition de son livre « La Vierge Marie dans la vie et l’œuvre de Paul Claudel » et je le savais en correspondance avec Marek Halter.

Je vous livre donc la fiche Wikipédia de Raymond Halter, cousin de mon père.

De Halten à Halter (2)

De von Halten à Halter

La famille von Halten était à l’origine de Halten, commune suisse du canton de Soleure. Voir : De Halten à Halter (1). Or, le patronyme Halter dérive du verbe halten, qui signifie “tenir”. Il était attribué à celui qui “tenait”, c’est-à-dire qui administrait un domaine.

Pourquoi les von Halten sont devenus des Halter ?

Les premiers, les von Halten tenaient et défendaient la tour de Halten. En s’éloignant des codes de la chevalerie du moyen-âge et sur la base d’une même étymologie, le nom a évolué : les seconds, les Halter tenaient, entretenaient ou géraient un territoire. Von Halten ou Halter, ils furent Landamanns, baillis, délégués à la Diète, etc., bref administrateurs pour les plus connus. Les autres entretenaient la terre.

HALTER. Ancienne famille suisse originaire du canton d’Unterwald, bourgeoise de Lungern, de Giswil et de Sachseln (OW). Elle est citée dès 1473. Il existe un article concernant cette famille dans le Dictionnaire Historique et Biographique de la Suisse, tome III, page 759 :

Familles des cantons d’Argovie (A), Bâle (B), Lucerne (C), Saint-Gall (D), Thurgovie (E) et Unterwald (F) (…).

F. Canton d’Unterwald. Famille bourgeoise de l’Obwald, paroissienne de Lungern, Giswil et Kerns, qui peut-être eut des relations de parenté avec les von Halten.

  • Source : Dictionnaire historique & biographique de la Suisse : publié avec la recommandation de la Société générale suisse d’histoire et sous la direction de Marcel Godet, Henri Türler [et] Victor Attinger avec de nombreux collaborateurs de tous les cantons, by Godet, Marcel, 1877-1949; Türler, Heinrich, 1861-1933; Attinger, Victor, 1856-1927 – https://archive.org/details/dictionnairehist03gode/page/759

Le demi-canton d’Obwald forme avec le demi-canton de Nidwald, le canton historique d’Unterwald. Unterwald, Schwytz et Uri sont, en 1291, les cantons fondateurs de la Confédération des III cantons, la première étape de formation de la Suisse.

Municipalités du canton d'Obwald.

Municipalités du canton d’Obwald. © Tschubby

Municipalités du canton d’Obwald. © Tschubby

Descendance et changement de nom

Rudolf von Halten :

Mentionné pour la première fois le 6.10.1361, † avant le 12.10.1380. Donzel et écuyer selon les sources. Peut-être apparenté aux chevaliers ministériaux de Halten (armoiries identiques). Sans doute domicilié à Lungern ou Sachseln. Landamman d’Obwald (attesté en 1368, 1372 et 1373). Sa fille épousa le landamman Walter von Hunwil.

Son fils :

Petermann von Halten (Peter) tenait d’Engelberg en 1378 la dîme de St. Niklausen près de Kerns et reçut en 1379 un fief à Grindelwald, du duc Léopold ; il vendit en 1380 l’impôt de la juridiction d’Obsee-Lungern, à l’exception de la juridiction elle-même, aux gens de ce lieu (où un certain Walter Sigrist est mentionné comme témoin). Dans un acte judiciaire de 1387, il est cité immédiatement après le landammann ».

Et là, attention : Un Petermann peut en cacher un autre ! En poursuivant la lecture de l’article consacré aux von Halten du Dictionnaire historique & biographique de la Suisse, juste après Petermann (Peter) cité ci-dessus, vient à la suite :

Petermann, † à la bataille d’Arbedo 1422. Son fils Heini, fonda un anniversaire à sa mémoire dans l’église de Sachseln. La famille disparaît dès lors de l’Unterwald.

Ces deux Petermann ne sont pas la même personne et Heini n’est pas le fils de Petermann (Peter).

Pourtant dans sa chronique familiale, Gérard Halter mentionne un jugement du 22 mai 1561 où un certain Heini Halter offensé par Andreas Imfeld est confirmé dans ses droits civils dans le pays d’Obwalden en tant que petit-fils de Rudolf von Halten. Il est peut-être le fils d’une fille de ce dernier mariée à un Halter.

Sur les registres généalogiques des Halter de Lungern, le plus ancien ancêtre avéré descendant de Rudolf von Halten est :

Nikolaus Halter, † après 1545, catholique, de Lungern. ​Marié à 1) Elsbeth Omlin, 2) Verena Bläsi (ordre des épouses incertain). Bénéficiaire de pensions papales (1510 et 1518). Bailli pour le compte d’Obwald dans le val d’Ossola en 1513. Environ trente-cinq fois délégué à la Diète entre 1517 et 1529. En tant que bailli de Neuchâtel (1520-1522), Halter obtint pour les bourgeois de la ville la permission d’instituer un Grand Conseil. En 1521, il fit partie de l’ambassade envoyée par les cantons à Paris auprès de François Ier. Cité comme membre du Conseil en 1522, landamman d’Obwald (1523, 1527, 1531, 1534, 1538, 1542), délégué à la dispute de Baden (1526).

Et plus tard :

Melchior Halter, Mentionné dès 1623, † 15.11.1659 catholique, de Giswil, fils de Balthasar. ​Marié à 1) Katharina Ambiel, 2) Maria Abächerli. Administrateur paroissial à Giswil (1623), membre du Conseil d’Obwald (1631). Halter entra au gouvernement du canton en tant que maisonneur (1637). Plusieurs fois député à la Diète et à des conférences (1639-1657). Membre du tribunal des Quinze (1640, 1644, 1648, 1652, 1653 et 1657). Trésorier (1647), vice-landaman (1649) et landamman (1656). Attesté comme commerçant de 1648 à 1659, H. fut aussi aubergiste à Giswil. Il achetait du vin dans le val d’Ossola et y vendait du fromage.

Ensuite : Heinrich Halter, né vers 1580 à Lungern, fut intendant de la Chapelle Saint-Beat d’Obsee, hameau de Lungern.

Epigraphe H.HALTER scellé sur la façade d’entrée de la Chapelle Saint-Beat d'Obsee.

Epigraphe H.HALTER scellé sur la façade d’entrée de la Chapelle Saint-Beat d’Obsee. © Gérard HALTER

Plus tard et pour finir : Il est noté dans un registre de cette même chapelle que Jean Melchior Halter émigra vers l’Alsace. Il est né le 6 février 1679 à Lungern, Canton d’Obwald en Suisse et est décédé le 4 novembre 1737 dans la forêt d’Obernai, Bas-Rhin en France. Une nouvelle histoire commence pour cette ancienne lignée de von Halten / Halter !

De Halten à Halter (1)

De Halten à von Halten

Un lieu à l’origine d’un nom de famille

Halter est un nom de famille d’origine allemande. Ce patronyme (nom du père) est issu du nom d’un lieux : Halten.

Halten est une commune suisse du canton de Soleure (Solothurn en allemand, Soletta en italien), située dans le district de Wasseramt.

Halten et les communes du district de Wasseramt

Halten et les communes du district de Wasseramt. © Tschubby

 

 

 

 

Vous pouvez y visiter le Museum Wasseramt – Turm von Halten. La Tour de Halten est au centre du Musée d’histoire culturelle régionale.

Tour de Halten (Turm von Halten)

Tour de Halten (Turm von Halten) © Notker

Blason de Halten

Blason de Halten. © Voyager

 

Halten (DHS)

Commune sud-ouest, district du Wasseramt, château fort et ancienne seigneurie. La commune s’étend, à l’est de l’Oesch, sur une colline morainique que gravit la route de Heinrichswil. Au sommet, un château fort des Zähringen, dont subsiste une tour d’habitation du XIIe siècle, commande le site. 1201 Haltun, 1274 Halton. 137 habitants en 1799, 92 en 1813, 198 en 1850, 361 en 1900, 476 en 1950, 438 en 1960, 791 en 2000. Vestiges du Bronze; un habitat celte est peu vraisemblable; des figurines de l’époque romaine auraient été découvertes près de la tour. Des seigneurs de Halten (von Halten), ministériaux des Zähringen, sont attestés dès le XIIe siècle. Après 1218, ils entrèrent au service des Kibourg. Pendant la guerre de Gümmenen (1332), les villes de Berne et Soleure s’emparèrent de la forteresse du château fort et Soleure emporta la bannière des Kibourg. En 1367, les Spiegelberg, nobles de la ville de Soleure et parents des seigneurs de Halten, agrandirent la petite seigneurie. En 1466, les Spiegelberg-von Malrein vendirent à la ville de Soleure, pour 4000 florins du Rhin, la seigneurie de Halten-Kriegstetten, dont faisaient partie, outre Halten et Kriegstetten, Oekingen, Hersiwil, Heinrichswil, Winistorf, Derendingen, Horriwil, Hüniken, les deux tiers d’Etziken, la moitié d’Aeschi et de l’enclave de Steinhof, ainsi que Hermiswil (dès 1665 à Berne). La seigneurie possédait une broyeuse à chanvre et un moulin banal. La haute justice ne fut transférée de Berne à Soleure qu’en 1665. Jusqu’en 1798, Halten fit partie du bailliage de Kriegstetten. Les dîmes appartenaient principalement aux von Roll et à la ville de Soleure. Au spirituel, Halten relève de la paroisse catholique de Kriegstetten, les protestants étant rattachés à Derendingen. Fondation d’une section de la société du Grutli en 1887. Ouverture d’une école en 1907 (auparavant, les enfants se rendaient à Kriegstetten). Remaniement parcellaire avec Hersiwil en 1948. La tour de Halten est avec celle de Buchegg la seule encore conservée dans la périphérie de Soleure (aujourd’hui Fondation du château de Halten, musée régional).

Von Halten (DHS)

Famille de ministériaux, mentionnée entre le XIIIe et le XVIe siècle. Le patronyme a pour origine le château fort de Halten, situé dans la commune soleuroise du même nom, dont la tour du XIIIe siècle subsiste encore. Une branche établie à Gléresse portait le nom d’Autes ou de Aultez. Après l’extinction des comtes de Kibourg, dont ils étaient vassaux, les Halten devinrent autonomes. Leur seigneurie comprenait quelques villages au sud-est de Soleure, ainsi que des propriétés disséminées en Haute-Argovie et dans la campagne bernoise. La généalogie est lacunaire et les filiations de certaines branches sont contestées. Des liens de parenté sont attestés avec les chevaliers von Matten et les barons von Hunwil d’Obwald. Notker est le premier des Halten à être mentionné, en 1201. Après la destruction du château fort lors de la guerre de Gümmenen, Konrad III, écuyer, vendit la seigneurie à un bourgeois de Berne vers 1333. Il reçut la même année des droits dans l’Oberland bernois, où une branche de la famille semble cependant avoir été fondée avant 1300. Peter, vassal des comtes de Kibourg-Berthoud et landamman du Hasli de 1304 à 1309, y est mentionné dès 1299. D’autres membres de cette branche jouérent un rôle majeur dans la politique de l’Oberland bernois au XIVe siècle. Une autre lignée, probablement apparentée avec celle-ci, est attestée dans la seconde moitié du XIVe siècle à Obwald, où elle occupa une place politique et sociale importante. Un membre de la famille, également prénommé Peter, est le premier d’une souche reçue bourgeoise de Soleure en 1327, qui s’éteignit au début du XVe siècle avec Dietmar, écuyer et membre du Conseil. Une dernière branche posséda la mayorie de Gléresse dès 1350 et était vassale des comtes de Neuchâtel.

Faisons halte (halter : faire halte, s’arrêter)

Ainsi au Moyen Âge central, une noblesse s’est établie au château de Halten sur les possessions suisses des ducs de Zähringen.

En 1201, Notker von Halten (Noggerus de Haltun) est cité dans un document du monastère de Saint-Urbain (voir aussi : “Saint-Urbain” DHS), en tant que témoin au service de Berthold V (vers 1160 – 18 février 1218), dernier duc de Zähringen.

Les von Halten sont des « ministériaux » :

La ministérialité est une forme particulière de la noblesse germanique du Xe au XIIIe siècles (…).

La ministérialité tient son origine de serviteurs (latin ministerialis) serviles, appelés ministériaux. Les seigneurs ne tardent pas à leur attribuer des offices (…).

Malgré cet état servile, les ministériaux ne tardent pas à développer un esprit de corps et à créer des dynasties. En même temps, ils perdent une grande partie de leurs obligations serviles (corvées, etc.) pour se concentrer sur leurs propres fonctions (…).

Au XIIe siècle, les ministériaux ne tardent pas à s’agréger à la féodalité, le terme ministerialis devenant synonyme de celui de miles (« chevalier »). À la même époque, ils commencent à prendre des noms à l’instar des nobles, souvent le nom d’un château. Ils accumulent également des richesses et ne tardent pas à obtenir le droit de posséder des fiefs. Ils servent également de châtelains, ce qui leur permet d’imiter le style de vie noble.

Certains ministériaux atteignirent un haut rang.

Voir aussi :Ministériales ou Ministériaux” par Françoise Moyen.

Sur le territoire de la Suisse, des ministériaux au service des grands dynastes apparurent pour la première fois peu avant 1200; on les trouve dans la suite des ducs de Zähringen, , des familles de la haute noblesse comme les comtes de Neuchâtel ou, après 1220, chez les Kibourg (…). On est frappé de constater chez les ministériaux des Kibourg une dépendance très faible envers leur seigneur: elle peut s’expliquer par l’origine hétéroclite des possessions kibourgeoises, héritées des Lenzbourg et des Zähringen, et sans doute tout autant par l’incapacité de cette famille à s’imposer politiquement. Vers le milieu du XIVe siècle, on ne peut plus parler de ministériaux indépendants en Allemagne du Sud et en Suisse; ils s’étaient fondus dans la classe dirigeante que formait la chevalerie.

Traces historiques de la famille von HALTEN (DHBS)

Famille de chevaliers ministériaux. Armoiries : bandé de gueules et d’argent, de cinq ou six pièces ; cimier, tête de braque ou de loup. Elle avait comme lieu d’origine le château de Halten, dans la paroisse de Kriegstetten (Soleure). L’ancêtre — 1. NOTKER de Haltun, est cité en 1201 comme ministérial des Zähringen. A L’extinction de ceux-ci en 1218, il passa sous la domination des Kibourg. — 2. GOTTFRIED von Halten fit une donation au couvent de Saint-Urbain vers 1220 avec l’autorisation delà comtesse de Kibourg. — 3. CUNO (Konrad Ier), cité de 1241 à 1260, et son frère — 4. JOHANNES, cité de 1252 à 1264, tous deux chevaliers, acquirent une situation éminente dans la suite des deux comtes Hartmann de Kibourg. Un acte de 1257 démontre que la famille comptait alors encore d’autres membres masculins, en sorte que dès ce moment la similitude des noms rend difficile l’établissement d’une généalogie. Le chevalier Johannes avait fait don d’une partie de la colline du château de Halten à la commanderie des chevaliers de Saint-Jean de Thunstetten, qui en disposa en 1274. Un fils de Konrad serait — 5. CUNO ou Konrad II, chevalier cité de 1274 à 1306. — 6. KONRAD III, fils du n° 5, écuyer. Les Bernois lui détruisirent le château de Halten en 1332 dans la guerre de Gümmenen ; il vendit la tour qui restait avec sa moitié de la juridiction à Burkhard von Eschi, bourgeois de Berne, et acquit en 1333 des barons de Weissenbourg la juridiction de Weissenau et Rotenflüe près d’Interlaken, à titre d’hypothèque. Celle-ci fut rachetée toutefois dès l’année suivante, et la seigneurie vendue au couvent d’Interlaken, car Berne ne voulait pas voir la clef de l’Oberland aux mains d’un vassal des Kibourg. Konrad vivait encore en 1336. La branche principale semble s’être éteinte avec lui. La famille s’était disséminée déjà auparavant. — 7. PETER en 1327 et — 8. JOHANN en 1348 devinrent bourgeois de Soleure. — 9. PETERMANN, bailli soleurois à Koppigen 1443. — 10. DIETMAR, cité dès 1393, siégea au Conseil et au tribunal de la ville. Avec lui prit fin, vers 1429, la branche citadine, à laquelle toutefois semble avoir appartenu — 11. KLARA, seconde femme d’Imer von Spiegelberg le jeune ; à la mort de son époux, en 1367, les Eschi lui rétrocédèrent le château familial de Halten qu’elle apporta aux Spiegelberg. Une autre branche, proche parente de la lignée soleuroise, était établie depuis 1318 sur le fief neuchâtelois de Gléresse. — 12. JOHANN, maire de Gléresse 1359-1365. La famille portait le nom français d’Autes, Auctes, de Aultez, Haultez, et paraît s’être perpétuée dans la famille Daulte. Les branches oberlandaises acquirent une plus grande importance. — 13. PETER, écuyer et vassal des Kibourg à Thoune en 1300, chevalier 1304 et landammann du Hasli de 1304 à 1309 — 14. PETER, peut-être son fils, avoyer de Thoune 1333-1338. — 15. RUDOLF, fils de Johann, bourgeois du Hasli dans les actes de 1363 à 1388, placé immédiatement après le landammann dans les listes de témoins. Du Hasli, la famille se répandit aussi dans l’Obwald où un autre — 16. RUDOLF, donzel, fut landammann de 1368 à 1373, fonction qui passa à son décès à son beau-fils Walther von Hunwil. Son fils — 17. PETERMANN (Peter) tenait d’Engelberg en 1378 la dîme de St. Niklausen près de Kerns et reçut en 1379 un fief à Grindelwald, du duc Léopold ; il vendit en 1380 l’impôt de la juridiction d’Obsee-Lungern, à l’exception de la juridiction elle-même, aux gens de ce lieu. Dans un acte judiciaire de 1387, il est cité immédiatement après le landammann. — 18. PETERMANN, † à la bataille d’Arbedo 1422. Son fils — 19. HEINI, fonda un anniversaire à sa mémoire dans l’église de Sachseln. — La famille disparaît dès lors de l’Unterwald. C’est dans l’Oberland qu’elle se maintint le plus longtemps; elle s’était établie en 1368 aussi du côté de Frutigen, où encore en 1522 — 20. PETER von Halten, ancien banneret d’Eschi, prouve par son sceau qu’il descend de l’ancienne famille de chevaliers. — Voir FRB. — SW. — Gfr. Reg. — Rahn : Kunstdenkmäler von Solothurn. — Arch. d’État de Berne et Soleure. — Schmidlin : Gesch. des Amteibez. Kriegstetten (sa généalogie ne mérite aucune confiance).

  • Source : Dictionnaire historique & biographique de la Suisse : publié avec la recommandation de la Société générale suisse d’histoire et sous la direction de Marcel Godet, Henri Türler [et] Victor Attinger avec de nombreux collaborateurs de tous les cantons, by Godet, Marcel, 1877-1949; Türler, Heinrich, 1861-1933; Attinger, Victor, 1856-1927 – https://archive.org/details/dictionnairehist03gode/page/758

La Grande forêt d’Obernai

… domiciliés dans les forêts

Dans les registres de l’état-civil d’Obernai, ils sont nés, se sont mariés, eurent des enfants et sont décédés dans les Forêts d’Obernai.

Acte de naissance d'Halter Joseph né le 25 février 1807 dans les forêts d'Obernai.

Acte de naissance d’Halter Joseph né le 25 février 1807 dans les forêts d’Obernai.

Ils étaient fermiers, métayers, cultivateurs, laboureurs, journaliers, bûcherons, scieurs, ouvriers forestiers… de profession. Ils faisaient souvent plusieurs métiers tout au long de leur vie dans les bois.

Gustave Brion, Le Vieux chêne, 1846, huile sur toile, Musée des beaux-arts de Strasbourg. © Wikimedia Commons. Travail personnel Ji-Elle.

Une très ancienne forêt

Carte de Cassini de 1740, feuille de Colmar n° 163

Carte de Cassini de 1740, feuille de Colmar n° 163. IGN Remonter le temps.

“… dès cette époque (moitié du treizième siècle), et probablement dès son origine, Obernai se trouva en possession de sa vaste forêt située derrière la montagne de Sainte-Odile.

Gustave Brion, Les Pèlerins de Sainte Odile. © Wikimedia Commons. Travail personnel Ji-Elle.

La partie occidentale de cette forêt figure en effet, dans les documents du quinzième siècle, comme une possession de temps immémorial et un domaine de l’empire au même titre que la ville même. Quant à la forêt antérieure, une portion de celle-ci ne formait primitivement qu’un seul et même domaine avec l’autre. Nous verrons plus loin comment la ville en fut dépouillée pendant l’interrègne, de sorte que quand elle l’acquit à prix d’argent au seizième siècle, elle ne fit que rentrer dans la possession de son ancienne propriété.

Quelle est l’origine de cet antique patrimoine ? On a voulu y voir un débris des domaines de l’abbaye de Hohenbourg qui serait parvenu à la ville lors de l’usurpation accomplie par les Hohenstauffen ; mais cette hypothèse est anéantie par les titres de l’abbaye qui indiquent comme limite du territoire de Hohenbourg le circuit du mur païen.

Ce dernier territoire paraît lui-même être une gratification accordée au duc Athic par les rois mérovingiens et avoir été détaché à cette occasion d’un ensemble plus considérable. On sait en effet que la théorie romaine, assez goûtée des rois francs, laquelle adjugeait au chef de l’Etat tous les biens vagues et incultes, fit entrer dans le fisc royal de vastes forêts éloignées de tout centre d’habitation, et que ce fut là l’origine de ces magnifiques chasses qui rendirent le séjour d’Alsace si cher aux rois mérovingiens.

Or, tout indique que le groupe de montagnes qui comprend le plateau de Sainte-Odile et les hauteurs du Champ-du-Feu, ainsi que celle du Ban-de-la-Roche, formait primitivement un grand tout qui était propriété du fisc public. Tout ce vaste domaine, quoique partagé plus tard en plusieurs fiefs, continua néanmoins à relever de l’Empire.

Il était limité au nord par la grande forêt épiscopale, laquelle, d’après la charte de 1059 que nous avons citée, commençait à la villa d’Otton, dite Ottenrode (Ottrott), et embrassait toute la vallée de la Bruche, en comprenant les forêts actuelles de Boersch et de Bischofsheim.

Ce que nous pouvons conclure de ces données, c’est que la forêt d’Obernai, faisant partie primitivement du vaste domaine royal que nous venons d’indiquer, devint dès l’époque franque l’apanage particulier de la villa royale d’Ehenheim, à moins qu’on ne veuille admettre qu’elle ne fût détachée du fisc public qu’à l’époque des Hohenstauffen, lesquels en auraient fait cadeau, en guise de patrimoine, à la localité qu’ils auraient élevée au rang de ville”.

  • Source : Histoire de la ville d’Obernai I-II, tome premier, page 71, Abbé J. GYSS, Laffitte reprints, 1978, réimpression de l’édition de Strasbourg, 1866
Gustave Brion, Forêt de Bischoffsheim, "12e jour", crayon gras sur papier beige, 1844, Cabinet des estampes et des dessins de Strasbourg.

Gustave Brion, Forêt de Bischoffsheim, « 12e jour », crayon gras sur papier beige, 1844, Cabinet des estampes et des dessins de Strasbourg. © Wikimedia CommonsTravail personnel Ji-Elle.

Complément (PDF) : Plaquette de présentation de la Forêt indivise d’Obernai-Bernardswiller.

Aux sources d’une famille

Franz von Pfeuffer, Chemin bordé de rochers en dessous du couvent de Sainte Odile en Alsace, 1865, aquarelle sur traits à la mine de plomb, Karlsruhe, Staatliche Kunsthalle. © Wikimedia Commons par Ji-Elle – Travail personnel, CC BY-SA 3.0.

Un document trouvé aux Archives départementales du Bas-Rhin constitue le point de départ d’une remontée aux sources. Le mot source est pris au sens littéral puisque le lieu d’origine d’une famille Halter est l’endroit d’où sort de terre le cours d’eau qui arrose la ville d’Obernai.

Un mariage au mont Sainte-Odile

Le document (acte n° 35 de 1741 – 5 MI 348-9), extrait du registre des mariages de la paroisse d’Obernai, rédigé en latin ecclésiastique, nous apprend que Jean-Melchior Halter, père de Jean-Pierre et décédé à cette date, était paroissien de la ville d’Obernai.

Jean-Pierre Halter, né à Lungern (Suisse), séjournait depuis vingt ans dans la région d’Obernai et travaillait comme fermier au lieu-dit Suth dans la forêt d’Obernai. Le mariage avec Marie-Marguerite Gehl eut lieu au mont Sainte-Odile.

Obernai - Registres Paroissiaux (Avant 1793) - Registre de mariages 1728-1764 - N°35

“Le 21 novembre de l’année 1741, après trois proclammations des bans en notre paroisse, et aucune objection n’ayant été faite, j’ai envoyé le jeune homme honnête Jean Pierre Halter né à Lungern dans la région de Constance, demeurant depuis 20 ans dans notre cité, fermier, habitant dans la forêt au lieu-dit Suth dépendant de notre ville, fils du défunt Jean Melchior Halter, mon paroissien, au Révérend chanoine Pierre Kuhn, Prémontré au mont Saint-Odile afin que ce dernier puisse marier dans sa paroisse ce jeune homme (…) Jean Pierre Halter avec la vertueuse fille célibataire Marie Marguerite Gehl, fille de Jean Martin Gehl, habitant au Mont Saint-Odile.
F. Munnier Recteur”.

Un dimissoire

Cet acte est un dimissoire :

“(d’après Ph. WIEDENHOFF) = Le « dimissoire » fut d’abord la lettre d’un évêque autorisant un clerc de son diocèse à recevoir des ordinations dans un autre diocèse. Par extension, il désigne l’acte (d’un registre paroissial des mariages) par lequel le prêtre d’une paroisse recommande un jeune homme de sa paroisse au prêtre de la paroisse de la jeune fille ; il fait référence à la dispense de l’évêque…, le terme est « dimisi », du latin ecclésiastique « dimisorius » (qui renvoie), lui même du latin « dimittere » (renvoyer)”.

  • Source : Manuel illustré pour la généalogie et l’histoire familiale en Alsace, page 32, Claude R. ROLL, Le Verger, 1991

On dit aussi démissoire.

  • Source : Grand Larousse encyclopédique en dix volumes, Librairie Larousse, Paris, 1963

L’acte est dressé par le recteur Pierre-François Munnier que l’abbé Gyss a relevé “docteur en théologie. 1743”.

  • Source : Liste des autorités de la ville d’Obernai pendant la période française figurant dans son Histoire de la ville d’Obernai

Il indique dans le même ouvrage :

“… en jetant un dernier coup d’oeil sur l’organisation du culte à Obernai, telle qu’elle existait à l’époque (…), nous avons à constater d’abord que le patronnage de l’église paroissiale, ou en d’autres termes, le droit de collation de la paroisse, conjointement avec la charge de l’entretien du curé, continuait à se trouver entre les mains de l’évêque, à titre d’héritier des domaines de l’abbaye de Hohenbourg. Quant au curé, qui portait le titre de recteur, il avait ordinairement à son service deux vicaires”…

  • Source : Histoire de la ville d’Obernai et de ses rapports avec les autres villes ci-devant impériales d’Alsace et avec les seigneuries voisines comprenant l’histoire du mont Sainte-Odile, des anciens monastères et châteaux de la contrée et des localités limitrophes I-II, tome second, page 309, Abbé J. GYSS, Laffitte reprints, 1978, réimpression de l’édition de Strasbourg, 1866

Gustave Doré, Le Mont Sainte-Odile avec le mur païen. © Wikimedia Commons – Ji-Elle.

Les Halter d’Ottrott en 1819

Les Archives départementales du Bas-Rhin permettent de consulter les documents numérisés (Ellenbach) des listes nominatives de population résultant du dénombrement de 1819 ainsi que des recensements quinquennaux de 1836, 1841, 1846, 1851, 1856, 1861, 1866, 1880 et 1885.

Les communes d’Ottrott-le-Bas et d’Ottrott-le-Haut ont été réunies en mai 1858 pour former la commune d’Ottrott.

Ottrott-Haut, en-tête du recensement de 1819

Ottrott-le-Bas

Le Registre contenant le relevé de la population de la commune d’Ottrott-le-Bas à l’époque du 20 novembre 1819 (certifié véritable l’état le 26 décembre 1819) consiste en un tableau de 8 colonnes :

  • N° des maisons (non mentionné sur l’Etat de recensement de la commune d’Ottrott-le-Haut) ;
  • Nom des chefs de famille ;
  • Enfants mâles / filles ;
  • Domestiques mâles / Servantes ;
  • Total (des individus qui dépendent du même Chef de famille lui compris) ;
  • Observations (marié ou veuf, célibataire).

Ottrott-le-Bas, recensement de 1819, n° 44 Halter Martin

Ainsi, Halter Martin, n° 44. avait 1 enfant mâle, 1 fille, 2 domestiques mâles, soit un total de 6 individus résidant sous son toit.

Recalculons : 1 + 1 + 2 + lui = 5, mais pas 6 ! Bien sûr que si, normal et logique, puisqu’il était indiqué marié dans la colonne « Observations », il avait évidemment 1 femme, qui elle n’était pas inscrite, mais existait bien toutefois !

Ottrott-le-Bas, recensement de 1819, n° 111 Halter Nicolas Veuve

Le n° 111., Halter Nicolas Veuve constitue un total de 1. Observations : Veuve.

Fraîchement veuve d’ailleurs (à quelques jours près), puisque Nicolas Halter, ouvrier de la manufacture de Klingenthal, est décédé le 23 novembre 1819 (Ottrott-le-Bas – Etat civil – Registre de décès 1819 – 4 E 368/7. N° 25). Il était l’époux de Françoise Klotz, devenue Halter Nicolas Veuve entre-temps.

Ottrott-le-Bas, recensement de 1819, n° 150 Halter Antoine

Et pour terminer la liste des Halter résidant à Ottrott-le-Bas cette année là, le n° 150., Halter Antoine avait 3 enfants mâles et 3 filles, ni domestiques mâles, ni servantes pour un total de 8, marié.

La récapitulation indique 278 enfants mâles, 282 filles, 19 domestiques mâles et 31 servantes pour un total de 949 habitants à Ottrott-le-Bas en 1819.

Ottrott-le-Haut

A Ottrott-le-Haut, le seul Halter trouvé se nomme Halter Pierre, Marié, 1 garçon, 1 domestique femelle, ce qui donne un total de 4 individus.

Meunier (Munnier), Curé à Sainte-Odile, avait 1 domestique mâle et 1 domestique femelle pour un total de 3 individus et là c’est exact (croyons-le). Il n’y a pas d’épouse à ajouter !

La récapitulation indique 220 enfants mâles, 237 enfants femelles, 19 domestiques mâles et  37 domestiques femelles pour un total de 779 habitants à Ottrott-le-Haut en 1819.

La croix Halter

La croix Halter

A la croisée du Chemin des Bornes et du sentier qui traverse La Soutte se trouve une croix en grès rose des Vosges.

La croix Halter à la croisée du Chemin des Bornes et du sentier traversant la Soutte

« …fréquemment les croix se trouvent au carrefour de chemins des champs souvent vers la limite du ban communal, ce sont des croix rurales dans le sens le plus strict”.

  • Source : Encyclopédie de l’Alsace, volume 4, page 2133, Editions Publitotal Strasbourg, 1983

Sur le fût est gravé :

Fût de la croix Halter

CETTE CROIX A ÉTÉ ÉRIGÉE PAR GEORGE HALTER ET SOPHIE HOHWILLER ET ANDRÉ HALTER ET SALOMÉE BÜRETH
AN 1840
QUI EN CE LIEU DIRA D’UN COEUR CONTRIT 5 NOTRE-PÉRE ET 5 AVE MARIA ET LE CREDO OBTIENDRA 40 JOURS D’INDULGENCE

Il s’agit d’une croix d’indulgence (Ablasskreuz)

« Indulgences. Après que l’âme ait définitivement quitté la terre, plusieurs lieux de résidence s’offrent à elle.
Dans les milieux protestants et catholiques on pense parfois que les âmes gagnent un lieu de repos (une sorte de grande prairie des ancêtres) où elles attendent, dans un état de somnolence, le Jugement dernier qui opèrera une séparation entre les bons et les méchants. Parfois cette séparation est considérée comme s’effectuant juste après la mort. Les âmes des personnes bonnes allant au paradis et les âmes des personnes méchantes se rendant en enfer.
La plupart du temps on croit que les âmes des bébés et des petits enfants donneront des anges.
Dans les milieux catholiques, encore aujourd’hui, on croit que certaines âmes gagnent le purgatoire (en alsacien Fegefier).
Selon l’Eglise Catholique le purgatoire est un lieu où les âmes des justes qui, au moment de la mort, n’ont pas entièrement satisfait à la justice de Dieu, achèvent leur expiation dans les souffrances temporaires de l’autre vie, avant d’être admises au bonheur du ciel. Enfin l’Eglise Catholique affirme qu’entre les âmes du purgatoire et celles qui sont encore sur terre, il existe des relations de bons offices et un commerce de prières. Ainsi les fidèles sont exhortés à offrir, pour le soulagement de leurs frères défunts, des prières, des indulgences, des bonnes oeuvres, parmi lesquelles aucune ne saurait être aussi efficace que le sacrifice de la messe. C’est ce qui explique les nombreuses messes en faveur des morts.
Mais on peut, dès son séjour terrestre, gagner un capital de jours d’indulgence qui se déduiront des jours qu’on devra passer au purgatoire à cause de son imperfection.
Ainsi on trouve, encore aujourd’hui, sur presque tous les cimetières catholiques alsaciens ou sur les routes menant aux villages, des croix qui promettent des jours d’indulgence”.

  • Source : Encyclopédie de l’Alsace, volume 7, page 4237, Editions Publitotal Strasbourg, 1984

George et Sophie, éléments d’état civil

George Halter est né le 25 Vendémiaire an XIII de la République (17 octobre 1804) à Ottrott, voiturier (1832-1833 et 1834), métayer Sutt (1835), fermier Sutt (1837-1838, 1840 et 1843). Décédé le 6 janvier 1863 à Grendelbruch, à l’âge de 58 ans.

Marié le 18 août 1830 à Nothalten avec :

Sophie Hohwiller, née le 20 Pluviôse an VII de la République (8 février 1799) à Nothalten. Elle est décédée le 01 novembre 1843, à l’âge de 44 ans à Ottrott-le-Bas en mettant au monde sa dernière fille Sophie (témoin : André Halter).

Leurs enfants :

  • Joséphine, née le 30 juillet 1832 à Ottrott-le-Bas ;
  • François-Joseph, né le 03 octobre 1833 à Ottrott-le-Bas, décédé le 18 février 1834 à Ottrott-le-Bas ;
  • Mathias-Balthasar, né le 22 février 1835 à Ottrott-le-Bas, Sutt ;
  • Sophie, née le 03 février 1837 à Ottrott-le-Bas, Sutt, décédée le 28 avril 1837 à Ottrott-le-Bas ;
  • George, né le 22 avril 1838 à Ottrott-le-Bas, Sutt ;
  • Barbe, née le 23 février 1840 à la Soutte, ban d’Ottrott-le-Bas ;
  • Sophie, née le 01 novembre 1843 à Ottrott-le-Bas.

George Halter s’est remarié le 25 mars 1844 à Grendelbruch avec Marie-Anne Epp, née le 10 juin 1808 à Natzwiller, elle-même veuve de feu Armand Wenger, décédé à Grendelbruch le 25 août 1839.

André et Salomé, éléments d’état civil

Sur leur acte de mariage du 07 janvier 1839 à Grendelbruch,
André Halter est né le 30 novembre 1799 à la Cense dite Sutte forêt d’Obernai, voiturier, domicilié à la Küssbrünel Sutte, banlieue de bas-Ottrott (fermier en 1841). Décédé le 04 mars 1860 à Grendelbruch

Salomé Büreth (Bürret) est née le 05 mars 1810 à Grendelbruch. Décédée le 17 janvier 1873 à Grendelbruch.

Leurs enfants :

  • Thérèse, née le 11 octobre 1839 à La Soutte, banlieue d’Ottrott-le-Bas ;
  • Antoine, né le 28 février 1841 à La Soutte, ban d’Ottrott-le-Bas ;
  • Jean Baptiste, né le 23 juin 1844 à Ottrott-le-Bas ;
  • Joseph, né le 28 décembre 1845 à Boersch ;
  • Louis, né le 3 juillet 1849 et décédé le 27 août 1849 à Grendelbruch.

Deux frères proches

André et George Halter étaient frères, fils d’Antoine Halter, fermier, domicilié à la cense dite Soutte située dans les forêts de la ville d’Obernai, marié avec Marie Madeleine Epp. André et George sont tous les deux nés à la Soutte.

Descendance d’Antoine Halter et de Marie Madeleine Epp (cliquez sur l’image pour agrandir).

A l’époque du recensement d’Ottrott-le-Bas de 1841, les deux frères et leurs familles partagent une même maison à la Magel (maintenant Maison forestière le Magelhof), pas très éloignée de la Soutte.

La Magel est une petite rivière dans le département du Bas-Rhin et un affluent de la Bruche, donc un sous affluent du fleuve le Rhin par l’Ill”.

Le recensement de 1846 indique que George, remarié à Marie-Anne Epp, et sa famille recomposée habitent à la Soutte, tandis que André et sa famille résident à Bœrsch, rue dite Le 2e Zingen.

Le recensement de 1851 indique que George et sa famille habitent encore à la Soutte, tandis que André et sa famille résident à la ferme de Neuenmatten, dépendance de Grendelbruch.

Le recensement de 1856, nous apprend que George et sa famille s’est établi à la ferme de Muckenbach, dépendance de Grendelbruch. André et sa famille demeurent à Grendelbruch, Obergass.

Au recensement de 1861, George et sa famille sont toujours dans une ferme dite Ober Muckenbach, dépendance de Grendelbruch. André est décédé en 1860. Büreth veuve Halter Salomé, journalière, habite avec ses fils Jean et Joseph, bûcherons, à Grendelbruch, Obergass.

Au recensement de 1866, George étant mort en 1863, Epp veuve Halter Marie Anne, journalière, habite seule à Muckenbach, hameau, dépendance de Grendelbruch. Büreth veuve Halter Salomé, journalière, chef de ménage, loge à Grendelbruch, Oberdorff, toujours avec ses deux fils.

Conclusion sans indulgence

Leur croix a été érigée en 1840. Ils habitaient le lieu, étaient de religion catholique et près du mont Sainte-Odile. A part leur fort désir d’indulgence (sans parler de “commerce d’indulgence”), je n’ai pu déterminer dans cette recherche, quelle a été la raison d’un “péché déjà pardonné” qu’ils ont pu partager ! Seule la Soutte en a gardé le secret.

La croix Halter

Le Chemin des Bornes

Une ancienne route forestière très fréquentée

“Cette route forestière est l’ancienne Hochstrasse ou Haute-Route, déjà citée dans un document de 1059 sous le nom de strata et de Hochstrasse en 1393, qui conduisait de la plaine rhénane par le Champ-de-Fé au Ban-de-la-Roche et dans la vallée de la Bruche. Au Moyen-âge elle était très fréquentée par les commerçants ; vers 1580 elle fut reconstruite par le comte palatin Georges Hans de Veldentz-Lutzelstein et rendue carrossable”.

  • Les Vosges et l’Alsace, pages 484, guide du touriste édité sous le patronage du Club Vosgien, 1ère partie, librairie Istra, Strasbourg, 1922

“Nous ne sommes assez bien renseignés que sur les routes entreprises par le comte palatin de Deux-Ponts – Veldenz, Georges-Jean (1543-1592), comte de La Petite-Pierre depuis 1563 et qui acquit des Ratsamhausen en 1584 la seigneurerie du Ban de la Roche après la vente, la même année, du baillage de Phalsbourg au duc de Lorraine. Pour pourvoir ses fonderies et martinets de Rothau (et autres), alimentés par les mines de fer de la région (…), il aménagea des chemins existants, destinés au transport du bois nécessaire pour approvisionner ses établissements, avec des rampes maximum de 4 % à 6 %.
Ce furent les suivants :
Rothau – Belmont – est du Champ du Feu – Rothlach – Sainte-Odile. Ce n’est autre que l’ancienne voie romaine (sur le tronçon est) Saales – La Salcée – Champ du feu – Sainte-Odile, appelé aussi Chemin des Bornes (chemin saunier).
Phalsbourg – Lutzelbourg – Haselbourg – Walscheid – Abreschviller – Saint-Quirin – Turquestein – château de Châtillon – Raon-sur-Plaine – col du Donon – Grandfontaine – Schirmek – Rothau. Il emprunte, depuis le sud de Turquestein jusqu’au dessus de Raon-les-Léau, la voie “romaine” dite Chemin d’Allemagne (Donon-Sarrebourg).
Haselbourg – Dabo – Obersteigen – Wangenbourg – Carrefour des Pandours – Urstein. Le chemin était prévu pour continuer par l’Altmatt (croisement avec la vieille voie de Lorraine en Alsace), par la crête et le col du Donon où il aurait rejoint la voie précédente. ( )”.

  • Histoire des routes en Alsace (Des origines à nos jours), page 41, Jean Braun, Association des Publications près les Universités de Strasbourg, 1987

Drame sur le Chemin des Bornes

La Croix du Kufbrunnel © BrR, PiP

“Nous sommes le 5 février 1804. L’hiver est rigoureux, la nuit est déjà tombée. Les journées sont encore bien courtes en février”…

Si vous avez hâte de découvrir la suite… alors cliquez sur ce lien.

Les protagonistes de cette histoire vraie

Catherine Antoni a survécu dix ans après la disparition de son mari François Léopold Gerôme (acte de décès n°6), étant morte le 6 avril 1814 à Natzwiller.

Léopold Gerôme, père, est décédé le 5 janvier 1824 à Natzwiller. Ce dernier est indiqué comme Officier publique sur l’acte de mariage de son fils avec Catherine Antoni, le 24 novembre 1795 à Natzwiller.

Antoine Halter, fermier de la ville d’Obernai à l’époque du drame, est décédé le 20 juin 1813 à la Soutte.

Son fils François Halter, marié le 12 février 1805 avec Marie Adelaïde Gerôme (fille de Léopold Gerôme et soeur de François Léopold Gerôme) à Natzwiller, est décédé 3 juillet 1827 à Grendelbruch. Son épouse étant morte auparavant le 6 avril 1814 à Natzwiller.

François Halter s’est ensuite remarié le 4 avril 1815 avec Rosine Enes à Natzwiller. Cette dernière est décédée le 4 septembre 1817 à Grendelbruch.

François Halter s’est marié une troisième fois le 13 mai 1818 à Grendelbruch avec Marie Anne Klein.

Et pour tracer son chemin

Une fiche randonnée : 1. Breitmatt – Chemin des Bornes – Neuntelstein (6 km, 1h1/2) – 2. Neuntelstein – La Sutt – Chantier du Kreuzweg – Breitmatt (8 km, 2h).

Reportage photographique

Le Neuntelstein par le Chemin des Bornes (Rando). © elgringofr07.wordpress.com

La Soutte, source de l’Ehn

Je vous parle d’un temps où les forêts étaient peuplées par nos ancêtres… Description d’un lieu de famille.

A la croisée des chemins

A la croisée des chemins

L’Ehn

“Une petite rivière du Bas-Rhin, naît, sous le nom d’Ehn, dans la forêt au sud-ouest d’Obernai, se dirige de l’ouest à l’est, arrose le Klingenthal, Obernai, Niedernai

  • Source : L’Alsace ancienne et moderne, ou dictionnaire géographique, historique et statistique du Haut et du Bas-Rhin, page 83, Jacques BAQUOL, Strasbourg, chez l’auteur, rue du Jeu-des-Enfants, 51, 1849.
Google Maps, La Soutte en vue aérienne

La Soutte, source de l’Ehn en vue aérienne (Google Maps).

“L’Ehn prend sa source dans un vallon au soleil levant, à l’est du col du Rothlach, au nord-ouest de la tête du Neuntelstein au revers et à proximité du chemin des bornes. Les sources dite de la Soutte (longitude : 7° 19′ 45 Est, latitude : 48° 25′ 49 Nord), autrefois des prés de la Soutte, indiquent simplement un ancien abri pastoral du XIXe siècle quand les hauteurs étaient encore des chaumes. Le lieu-dit est à 927 mètres d’altitude, sur le territoire de la commune d’Ottrott, commune qui abrite la célèbre abbaye de Hohenbourg (communément connue sous le nom d’abbaye du mont Sainte-Odile) sur le Hohenburg, inscrite dans l’ancien oppidum dit du Mur païen, ainsi que ses vastes forêts.

D’Obernai à la Soutte en remontant l’Ehn

“Obernai, Ottrott
Les piétons prendront de préférence le chemin suivant, appelé sentier de l’Ehn, 1 bonne h. — Rect. rouge, barré de blanc.
A Obernai, sur la place du Marché, on prend à dr. par la rue du Chanoine Gyss, et l’on passe devant les promenades de la ville sur la route de Boersch ; après 10 min., et devant le premier moulin, on franchit à g. l’Ehn et le canal de l’Ehn en appuyant à dr. ; imédiatement après on prend à dr. le large chemin de piètons qui monte le long de l’Ehn, à l’ombre des aulnes ; après 13 min. on passe sur la rive g., après 9 min. on repasse sur la rive dr. ; quelques pas plus loin se trouve une fontaine sur le chemin. En quittant les aulnes, vue magnifique sur les montagnes, à dr. St-Léonard. Après 15 min. (la grande propriété à dr. s’appelle El Biar ; jusqu’en 1865 s’élevait près de là l’Aumühle) le sentier se transforme en chemin rural, qui mène, sur la rive g. en franchissant la voie ferrée, jusque sur la route de Boersch à Ottrott. On suit celle-ci à g., on traverse un pont, puis on gagne Ottrott près de l’Hôtel Blanck, à l’Arbre vert. — On parvient aussi sur le sentier le long de l’Ehn, en prenant hors ville, sur la route d’Ottrott, tout de suite derrière la villa Montbrison (château d’Oberkirch), le chemin large à dr.

Ottrott, Klingenthal, 25 min.
… On traverse par la route à dr. la jolie vallée de l’Ehn, on passe devant les anciennes fabriques et des villas ; en 25 min. à Klingenthal (Cygne ; Montagne verte), autrefois manufacture célèbre d’armes blanches, fondée par Jean-Henri d’Anthès en vertu de lettres patentes royales en 1730. Les premiers ouvriers vinrent de Solingen. Le nom de Klingenthal provient de Klinge (= lame) qui veut aussi dire vallée étroite, gorge. Aujourd’hui encore la fabrique d’outils de la Maison Coulaux & Cie est considérable ; on y produit des faux, des faucilles et des lames de scies. Dans le bâtiment de la fabrique, belle salle ornée d’armes.

Klingenthal, Heidenkopf (Tête des Païens) c) Klingenthal, Vallée de l’Ehn, Col, Tête des Païens, 1h.1/2 à 2 h.
Près de la bifurcation de la route à Klingenthal on monte à g. la route (route de Ste-Odile) dans la vallée de l’Ehn ; après 30 min., près d’une scierie devant la maison forestière Vorbruck, on passe le ruisseau et l’on continue à g., bientôt (3 min.) on monte à dr. le chemin de piétons, large et commode qui rejoint, après 1/2 h. le chemin décrit plus haut sous b). A partir d’ici, encore 15 min. jusqu’au Col au pied de la Tête des Païens et en 35 min. sur le sommet (v. plus bas).
b) … Après la jonction avec le chemin montant, décrit plus bas (v. c), on monte de nouveau et avant le tournant à g. du chemin de piétons, on prend à dr. le sentier battu qui mène directement sur le Col au pied de la Tête des Païens, 15 min. Entre les deux routes forestières on monte par un large chemin de piétons en lacets au sommet de la Tête des Païens (35 min.).

Tête des Païens, Rothlach, coul. jaune, 2 h. 1/4
Du sommet on se dirige par un chemin de piétons, large et commode, vers le SW et l’on descend en 20 min. sur le col, où débouchent les deux sentiers réunis décrits sous b) et c).
Du Col de la Tête des Païens, tout droit vers le SW, on gagne par la route forestière en 5 min. la maison forestière Ochsenlaeger ; ici on continue tout droit dans la direction du SW par la large route forestière, dans une belle forêt. A dr. on est dominé par le rocher porphyrique Steinhubel (890 m, vue masquée par les arbres) ; le chemin atteint une jeune plantation. Vue sur Ste-Odile. Après 1 h. 1/4 sur le Dielenplatz (839 m), qui ferme la vallée de l’Ehn. Au milieu de la clairière s’élève un sapin imposant appelé Judentanne. Bifurcation du chemin : à g., on va sur le pré où se trouvait la maison forestière Sutt, maintenant démolie

  • Source : Les Vosges et l’Alsace, pages 458 et 453 à 455, guide du touriste édité sous le patronage du Club Vosgien, 1ère partie, librairie Istra, Strasbourg, 1922
La Soutte en 1989

La Soutte en 1989

 

L’Ehn prend donc sa source dans les prés de la Soutte, Raymond Roth le mentionne :

“Aussi, soucieux de ne point trop fouler le terrain de l’historien, pour remonter aux origines des bourgades de Niedernai, d’Obernai et de Klingenthal me suis-je engagé sur un sentier inhabituel, mystérieux et méconnu, mais révélateur de la fonction essentielle que joue l’Ehn dans la vie qui palpite entre Niedernai et sa source, encore appelée Soutte, près de l’auberge de la Rothlach.

L’onde déchainée passe ensuite sous une autre piste forestière. De temps en temps un ronflement de moteur trahit la proche présence de la route. Puis le ruisseau est aspiré par l’immense perchis de hêtres où se remisent les cerfs, est éclipsé une dernière fois par un chemin et réapparaît, 150 mètres plus haut, insignifiant, sans identité précise, sous forme de source dans la tourbière de la Soutte”.

  • Source : Les sentiers sauvages du Mont Sainte-Odile, pages 31 et 61, Editions Karl Schillinger, 1986

Trois métairies ou censes

“Quant à la forêt d’Hohenburgweiler, elle comprenait la métairie dite Willerhof, située sur l’emplacement qu’avait jadis occupé le hameau de Hohenburgwiller. Cette métairie ou cense, comme aussi les deux autres censes dites Katzmatt et Küssbrünnelsutt, situées dans d’autres parties des forêts de la ville (d’Obernai), étaient baillées par celle-ci à des particuliers.

  • Source : Histoire de la ville d’Obernai I-II, tome second, page 304, Abbé J. GYSS, Laffitte reprints, 1978, réimpression de l’édition de Strasbourg, 1866).
Les censes de la Catzmatte, de la Soutt et du Villerhöff

Les censes de la Catzmatte, de la Soutt et du Villerhöff. Carte de Cassini, feuille de Colmar n° 163, date 1740. IGN Remonter le temps.

“La première carte au monde qui couvre à moyenne échelle la totalité d’un grand pays est celle dite de CASSINI, réalisée tout au long du XVIIIe siècle à 1/86400. L’Alsace est couverte par les feuilles n° 161 à 165, les parties les plus occidentales débordant légèrement sur les feuilles 141 à 145, tandis que le coin de Lauterbourg fait partie de la demi-feuille n° 173. Tous les relevés étaient achevés en 1760 (de 1758 à 1760, sauf Strasbourg 1770)

  • Source : Encyclopédie de l’Alsace, volume 4, page 2395, Editions Publitotal Strasbourg, 1983
Pictogramme représentant une ferme ou métairie sur la carte de Cassini.

Pictogramme d’une ferme ou d’une métairie sur la carte de Cassini

Tenir une cense

Tenir…

“Halter, (Als.-et-Lorraine), dérivé du verbe halten, tenir, a pu désigner celui qui tient, administre un domaine.

  • Source : Dictionnaire étymologique des noms de famille, Marie-Thérèse MORLET, Perrin, 1991

…une cense

“Cens (Zins) : redevance en nature ou en argent payée par un tenancier à son seigneur.

  • Source : L’Alsace, une Histoire, page 213, Bernard Vogler (Sous la direction de), Georges Bischoff, François Petry, François Igersheim, Charles Zumsteeg, Editions Oberlin, 1993

“Censitaire (ici ou là vassal, terme abusif), mot profondément significatif : celui qui, chaque année, à date fixe, paie au seigneur le cens dit recognitif, par lequel il reconnaît donc tenir sa terre de lui. Beaucoup de ces cens, de création fort ancienne, ne représentent plus que quelques sous, mais n’ont rien perdu de leur signification (le sou de Charlemagne était d’or, celui de Louis XIV de bronze) ; certains pourtant avaient astucieusement été déterminés en nature — souvent en avoine –, habile ou involontaire indexation sur le coût de la vie ; d’autres s’agrémentaient de « surcens », sortes de centimes additionnels. Souvent léger tout de même, le cens payé n’acquittait pas vraiment le paysan. A chaque changement de seigneur — ou tous les trente ans –, il devait en principe (il feignait parfois d’oublier) « avouer » et « dénombrer » (à ses frais) ce qu’il tenait de lui. Petites choses, mais signes tangibles de sujétion, qui frappaient aussi lorsque le fils du tenancier succédait au père (seul droit de succession connu avant de tardives initiatives louis-quatorzièmes).

  • Source : La vie quotidienne des paysans français au XVIIe siècle, page 43, Pierre Goubert, Hachette, 1991

Définition du nom de lieu

Dans les registres paroissiaux et d’état civil, le nom de lieu outre La Soutte est différemment indiqué. On relève souvent suivi de « en forêt d’Obernai » : Soutt, Sutte, Suth ou Küssbrünnelsutt…

in Sylvâ Suth

Küssbrünnelsutt est formé de Küss – brünnel et de Sutt :
– der Kuß / Küsse (allemand) est le baiser ;
– Brünnelîn, Brünnel (moyen-haut-allemand), brinnele (alsacien) sont des formes diminutives de Brunnen (allemand), Brunne ou Burne (alsacien) la fontaine, le puits. Brünnel est donc une petite fontaine.
– die Sute, sutte (moyen-haut-allemand) est die Lache, die Pfütze (allemand) signifiant tous deux la flaque, la mare, le bourbier.

  • Source : Alsacien : Dialectionnaire (alsacien, français et allemand), Claude GUIZARD, Jean SPETH, Editions du Rhin, 1991 ; Moyen-haut-allemand : Mittelhochdeutches Handwörterbuch, Mathias LEXER, S. Hirtzel Verlag, Stuttgart, 1974, Reprografischer Nachdruck der Ausgabe Leipzig, 1876 ; Allemand : Grand dictionnaire Français-Allemand / Allemand-Français, Pierre GRAPPIN, Larousse, 1989

En Alsace, « les lieux-dits parlant des sources, fontaines, rus, ruisseaux, noues, fosses et fossés, gués, îlots, mares et bourbiers sont innombrables : Woog, Sod, Ursprung, Burn, Fliess, Wappach, Dietpach, Lache, Pfütz, Pfuhl, Suhl, Schlatt, ou Schlett, Werd, Beschlossen Matt ».

  • Source : Encyclopédie de l’Alsace, volume 8, page 4754, Editions Publitotal Strasbourg, 1943

Il est plaisant de penser que la Küssbrünnelsutt désignait l’endroit marécageux d’une petite source où les amoureux se donnaient rendez-vous.

Les habitants des censes de la Katzmatt et de la Sutt

“Près de la source de la grande Magel se dresse une ancienne maison forestière de Strasbourg, la Rotlach (*) où passe une vieille route romaine, mentionnée dès 1393, reliant les sommets avec la vallée de la Bruche par le Steintal. La Katzmatt, aujourd’hui reboisée, portait jusque vers 1870 une maison forestière d’Obernai dont les habitants allaient à l’église à Grendelbruch où leurs noms figurent dans les registres paroissiaux. Au XVIIIe siècle, y vivaient les familles Fiack, Spengler, Halter et Lustenberger ; en 1830, Joseph Stocky dont le fils est mort comme général français peu après la Grande Guerre. A la Sutt, sur la route de la Rotlach à Sainte-Odile, se dressait jusqu’en 1787 une maison forestière appartenant à Obernai et qui ne fut pas reconstruite après un incendie. Au XVIIIe siècle, elle était habitée par une famille Halter ; en 1824, le garde s’appelait François-Joseph Biery ; plus tard les forestiers se considérèrent comme paroissiens du Hohwald (**)”.

(*) Rothlach (lieu-dit, maison forestière). Avancée Nord-Est du Massif du Champ-du-Feu ; alt 953 m. Maison forestière et croisée importante de chemins et de routes (D 130, D 214) utilisant les vallées qui y naissent (Magel, Ehn) ou empruntant les crêtes s’articulant autour de ce relief.

  • Source : Encyclopédie de l’Alsace, volume 11, page 6531, Editions Publitotal Strasbourg, 1983
  • (**) Histoire de Grendelbruch et de la seigneurerie de Girbaden, contribution à l’histoire des vallées de la Magel et de la moyenne Bruche, page 144, Joseph WIMMER, manuscrit inédit traduit et adapté par Paul BURETH, Strasbourg, 1967
Carte de l'état-major (1820-1866) : les points de bâtiments de La Soutte.

Carte de l’état-major (1820-1866) : les trois points de bâtiments de La Soutte (IGN Remonter le temps).

Sur la carte levée par les Officiers du Corps d’Etat-Major, et publiée par le dépôt de la Guerre en 1837 – feuille Strasbourg (Saverne) n° 71, la Cense de Katzmatt est figurée par un point de bâtiment. La Soutt, Censes comporte trois points de bâtiments. Les recensements de 1846, 1856, 1861 et 1866 indiquent 5, 5, 5, 2 personnes habitant à la Katzmatt et 30, 31, 28, 11 personnes habitant à la Soutte.

  • Source : Histoire politique, religieuse et économique d’Ottrott-le-Haut et d’Ottrott-le-Bas aux XVIIIe-XIXe siècles, page 105, Anne SALOMON, mémoire de Maîtrise d’Histoire sous la direction de Bernard VOGLER, 1989

Les maisons forestières et autres bâtiments

Ruines historiques : Kagenfels, Birkenfels, Hohenburgweiler et le Mur Païen.

1698 : Les premières descriptions évoquent la présence, au pied du Kagenfels, d’un pont appelé « Forbruch », d’une scierie probablement à l’emplacement de la baraque de l’Ehn, d’une autre à Saegmuehlmaettel et trois bâtiments au Willerhof.

1750 : Un logement de garde forestier et une scierie à Forbach Rhein. Trois censes (Willerhof, La Soutte, Katzmatt).

1820 / 1850 : Construction de 5 maisons forestières, toutes équipées d’une cuisine et possédant des dépendances telles que : grange, écurie, cave, fontaine. Construction de deux scieries, l’une à la Magel (détruite par un incendie en 1860), l’autre à la Vorbruck (scierie à manivelle avec simple engrenage en 1850). Installation d’une pépinière à la Soutte et de deux à la Rothlach. L’aménagement de 1861 les décrivait en bon état.

Tableau_foret indivise obernai-bernardswiller

1876 : Après l’achat du Willerhof et de la Soutte, les forestiers sont logés à la Vorbruck, au Willerhof, à la Soutte, à la Magel et à l’Urlosenholz. La maison forestière de la Katzmatt a été démolie en 1875. Une scierie est construite en aval de la MF Vorbruck pour scier des bois longs. Les pépinières d’altitude sont abandonnées et une nouvelle est installée à proximité du Willerhof.

1911 : Abandon de la maison forestière de la Soutte. Création d’un poste de forestier supplémentaire (non logé) et redécoupage territorial, encore en vigueur en2001. Construction de nombreux chemins et de trois baraques à la Magel, au Kreuzweg et à l’Ehnthal pour les bûcherons et actuellement utilisés comme abris de chasse. La construction d’une voie ferrée reliant Grendelbruch à Klingenthal est à l’étude.

1930 : Les anciennes maisons Neugrünnenrain, La Soutte et Katzmatt, ainsi que les deux fermes de la Soutte ont entièrement disparues. Les trois maisons forestières de la Grande Forêt étaient reliées téléphoniquement.

1956 : Construction de la maison forestière Ehnthal • 1962 : Electrification d’Urlosenholtz.

1980 : Reconstruction de la Magel, après un incendie.

1995 : Electrification du Willerhof (3 janvier) et de la Magel (6 septembre).

2000 : Vente de la maison forestière de l’Ehnthal.

2002 : Vente de la maison forestière de la Vorbruck.

La Doutte en 1989

La Soutte en 1989

La Soutte maintenant, une zone protégée

La forêt d’Obernai-Bernardswiller abrite une zone protégée, la Soutte, classée marécage d’altitude et remarquable pour sa flore. C’est une vaste clairière d’environ six hectares où l’Ehn prend sa source. Elle est gérée par le Conservatoire des sites alsaciens.

Source : DNA DERNIÈRES NOUVELLES D’ALSACE – Edition de Obernai / Barr / Rosheim – 21/06/2013