Pendant à un précédent article De « Halten » à « Halter », voici — encore issu de l’arbre généalogique de ma famille (branche Lamboley) — un autre cas de patronyme dont la forme étymologique a évolué en variante orthographique.
- Le patronyme Valdenaire est la francisation du nom Waldner, signifiant habitant de la forêt.
- Krafft Waldner de Guewilre est le premier Waldner connu, mentionné entre 1235 et 1261.
- Des associations conjecturales existent entre Valdenaire et Waldner, mais manquent de preuves solides.
- Le château de Freundstein est historiquement lié à la famille Waldner, sans preuves d’alliances avec Valdenaire.
- Les origines et l’évolution des patronymes dans la généalogie familiale sont discutées tout au long de l’article.
Étymologie
En effet, “Valdenaire est la francisation du patronyme Waldner ou Waldener”, signifiant « habitant de la forêt » ou « forestier », de Wald, « forêt ».
“Le nom de famille Waldner est aussi orthographié Waldener, Waldenarii de Guebwiller, Sulz et Thann”.
D’ailleurs Krafft Waldner de Guewilre (chevalier de Guebwiller), premier Waldner connu avec certitude (cité de 1235 à 1261) est possiblement responsable des forêts de l’abbaye de Murbach.
- Source : Les Waldner de Freundstein, Une famille chevaleresque de Haute-Alsace – Exposition du 15 septembre 2018 au 29 janvier 2019 au Musée Historique de Mulhouse – https://www.mplusinfo.fr/communaute/evenements/2018/09/14/a5b0c560-4d23-4498-b937-63fc6ba5d1f8
“Les premiers WALDNER avaient une conscience onomastique assez développée, en clair ils tenaient à leur nom qui provenait d’une fonction assez importante au Moyen-Age, ils ont donc résisté à la pression du voisinage roman toujours prompt à transformer des noms inconnus ou étrangers. Ceci nous amène à nous poser la question du statut social des premiers VALDENAIRE, le fait qu’un certain Sébastien VALDENAIRE était prieur de l’Abbaye d’Hérival près de Plombières dès 1549 permettrait de pencher en faveur d’une origine sociale assez élevée, par ailleurs la tradition orale à Ventron fait état d’une origine noble, un descendant des WALDNER du château de Freundstein près de Thann aurait été chassé par sa famille et se serait installé en Lorraine, une autre tradition mentionne l’arrivée de trois frères WALDNER du Freundstein, mais tout ceci semble avoir un parfum de légendes”…
- Source : “A la recherche des Valdenaire”, H. Dierstein, Tome 1, Les origines, page 7.
Pourtant, faire d’un Valdenaire le descendant d’un Waldner de Freundstein, maison noble alsacienne d’origine chevaleresque, est conjectural… car, rien n’est prouvé !
D’un côté, Anstatt Krafft Waldner du château de Freundstein à Goldbach-Altenbach en Alsace et de l’autre à Ventron dans les Vosges voisines (à 25 km environ), deux fils présumés Grand Demange et Petit Demange Valdenaire.
Goldbach-Altenbach
“La commune, qui se trouve sur un éperon rocheux, est née de la fusion en 1972 de deux des plus hautes communes d’Alsace, Goldbach et Altenbach. Le village se trouve au pied des ruines du château de Freundstein cité dès 1297, et de l’autre par des chalets dominés par plusieurs sommets des Vosges au-dessus desquelles planent le Ballon de Guebwiller ou Grand Ballon et le Vieil Armand. Goldbach-Altenbach est proche de Geishouse. Le village fait partie du canton de Saint-Amarin et de l’arrondissement de Thann. De 1795 à 1802, le village de Godbach-Altenbach fait partie du canton de Thann. Le village se trouve à 695 mètres d’altitude.
C’est une des 188 communes du parc naturel régional des Ballons des Vosges.
- Source : Catherine Hubscher, alias Madame Sans-Gêne, est née à Altenbach. Auteur : Espirat. Wikimedia Commons
Le château de Freundstein, fief des Waldner
“Le château de Freundstein est un monument historique situé à Goldbach-Altenbach, dans le département français du Haut-Rhin. Il est un point culminant, très apprécié des randonneurs”.

- Golbach et Freinstein Château, ruine. Carte de Cassini XVIIIe siècle. Source : https://www.geoportail.gouv.fr/carte
“Cité en 1297, le château fort de Freundstein, était partagé entre l’abbaye de Murbach et l’évêque de Strasbourg ; il fut donné en fief à la famille de Guebwiller, les Waldner”.
“Construit au XIIIe siècle. Pan de mur du haut château et retranchements taillés dans le rocher de la basse-cour. A été utilisé comme observatoire par les Français en 1915 face au Hartmannswillerkopf (Vieil Armand).
Le Freundstein est le plus haut château fort d’Alsace, perché sur un rocher qui domine, à 948 mètres d’altitude, la Route des Crêtes. Il est mentionné pour la première fois dans un acte de partage scellé par les sires Waldner en 1297. Cette famille de ministériaux (chevaliers-serfs) a pour charge de surveiller les forêts de l’importante abbaye de Murbach située à environ six kilomètres de la ville de Guebwiller. Elle a construit son château à la limite entre le territoire de l’abbaye et celui de l’évêché de Strasbourg. Elle se reconnait vassale des deux en faisant oblation de la moitié du Freundstein à chacun, c’est-à-dire qu’elle cède son château à l’évêché et à l’abbaye qui le lui retourne sous forme de fief. En 1441, le sire zu Rhein y enferme, avec l’accord des Waldner, deux bouchers de la ville de Mulhouse et cette dernière assiège la place pour libérer ses deux bourgeois. En 1490, les troupes de l’évêché de Strasbourg assiègent à son tour le Freundstein, l’évêque étant en conflit avec les Waldner. En 1525, ce sont les paysans insurgés qui, à l’occasion de la Guerre des Paysans, incendient le château qui est reconstruit ensuite. Il est finalement abandonné en 1562, après avoir été détruit par la foudre. Pendant la Première Guerre mondiale, il sert de poste d’observation à l’armée française ; il est bombardé à plusieurs reprises par l’armée allemande”.
- Source : Vue intérieure de l’angle sud-ouest de la muraille du château de Freundstein. Goldbach-Altenbach. Haut-Rhin. Auteur : Espirat. Wikimedia Commons
“La construction du château du Freundstein date de la seconde moitié du 13e siècle (avant 1297). Il n’est pas exclu que ce soit l’œuvre de Kraft lui-même, mais il paraît plus vraisemblable de l’attribuer à ses fils”.
“C’est au 16e siècle, que les Waldner ajoutent la mention « de Freundstein » à leur nom, à une époque où le château est abandonné. Depuis toujours en fait, la famille ne l’occupait qu’épisodiquement pour des besoins militaires. En temps de paix, elle résidait dans la plaine, dans les maisons géographiquement très proches de Soultz, Guebwiller ou dans les châteaux d’Ollwiller, Hartmannswiller et Weckenthal. Mais ses ruines constituent un symbole familial fort et restent aujourd’hui encore la propriété de la famille Waldner”.“Le patronyme Waldner devient Waldner de Freundstein au 16e siècle. Il n’y a là aucune nostalgie particulière envers le vieux château désormais laissé à l’abandon. Ce changement correspond en fait à une pratique usuelle chez les nobles de ce temps : l’ajout de la particule suivie du nom d’une terre permet en effet de mieux se distinguer du peuple et d’afficher avec fierté son appartenance à la noblesse”.
- Source : Les Waldner de Freundstein, Une famille chevaleresque de Haute-Alsace – Exposition du 15 septembre 2018 au 29 janvier 2019 au Musée Historique de Mulhouse – https://www.mplusinfo.fr/communaute/evenements/2018/09/14/a5b0c560-4d23-4498-b937-63fc6ba5d1f8
La féodalité en Haute-Alsace
“Dans l’organisation féodale, les hommages entre vassaux et suzerains s’échangent contre des fiefs et des seigneuries. Les Waldner se révèlent fort habiles à ce jeu politique. Le Freundstein étant situé à la limite des deux territoires, ils dépendent au 13e siècle à la fois de l’abbaye de Murbach et de l’évêché de Strasbourg. Ils jouent souvent de leur rivalité pour augmenter leurs domaines.
Mais très tôt, ils recherchent aussi d’autres protections et entrent dans la vassalité de l’évêque de Bâle et surtout dans celle des Habsbourg d’Autriche. Peu à peu, cette allégeance devient prépondérante et les Waldner participent aux guerres contre les Suisses aux 14e et 15e siècles, mais aussi à l’occasion contre Mulhouse (1441) ou l’évêque de Strasbourg (1473-1490).
Plus tard, ils ajoutent encore des hommages au margrave de Bade, au duc de Wurtemberg, au seigneur de Ribeaupierre… Ils achètent des maisons à Strasbourg, Mulhouse, Bâle, Aarau etc., pour bénéficier aussi des droits de bourgeoisie de ces villes libres. La conquête de l’Alsace au 17e siècle ne modifie pas ce puzzle politique : le roi de France succède aux Habsbourg et Strasbourg perd sa liberté.
En fait, les Waldner utilisent ce réseau d’appartenances multiples en fonction des opportunités. La bourgeoisie mulhousienne par exemple leur permet d’entrer dans les régiments suisses au sein des armées françaises, tout en conservant leur liberté de religion”.
- Source : Les Waldner de Freundstein, Une famille chevaleresque de Haute-Alsace – Exposition du 15 septembre 2018 au 29 janvier 2019 au Musée Historique de Mulhouse – https://www.mplusinfo.fr/communaute/evenements/2018/09/14/a5b0c560-4d23-4498-b937-63fc6ba5d1f8
Le Livre Rouge
“Du 13e au 21e siècle, l’arbre généalogique Waldner peut être établi avec certitude sur 800 ans et 25 générations. Cet historique familial est cependant incomplet : jusqu’aux 15e-16e siècles, la plupart des filles sont oubliées et les enfants morts jeunes ne sont pas enregistrés avant les 16e-17e siècles.
Dès le Moyen Âge, les Waldner sont soucieux de dessiner des généalogies. Prouver sa noblesse est en effet un impératif constant, y compris devant les administrations ou les tribunaux (pour prouver des droits ou des privilèges), mais aussi pour entrer dans différents ordres religieux ou militaires, ou encore pour se marier… Dans toutes ces circonstances, il fallait justifier de 16 quartiers de noblesse au moins, c’est-à-dire avoir des ancêtres nobles sur les 4 générations précédentes (2 parents, 4 grands-parents, 8 bisaïeuls et 16 trisaïeuls). La gestion des biens et revenus (dots, douaires, héritages etc.) rend nécessaire aussi d’attester les liens de parenté.
A partir du 18e siècle, on se préoccupe de mettre en ordre les archives pour rédiger une chronique des événements familiaux (le fameux « Livre Rouge ») et classer les ancêtres par générations et par branches. Cela permet l’établissement d’une généalogie descendante à partir de Kraft Waldner. Il s’agit moins alors de prouver sa noblesse que de témoigner de l’ancienneté du nom et du prestige de la lignée”.
- Source : Les Waldner de Freundstein, Une famille chevaleresque de Haute-Alsace – Exposition du 15 septembre 2018 au 29 janvier 2019 au Musée Historique de Mulhouse – https://www.mplusinfo.fr/communaute/evenements/2018/09/14/a5b0c560-4d23-4498-b937-63fc6ba5d1f8
Anstatt Waldner de Freundstein
La notice d’Anstatt (Anastase) Waldner von Freundstein sur le site de la Fédération des Sociétés d’Histoire et d’Archéologie d’Alsace indique :
“Général de cavalerie (décédé à Schruns, Autriche 30.3.1524). Fils de Hermann V Waldner de Freundstein. Mariage 1483 avec Catherina von Reinach (décès 1513, inhumée à Thann) ; 2 filles et 6 garçons. À Schruns, il fit exploiter des mines (mine Sainte-Anne) et où son monument funéraire érigé par son fils existe encore dans l’église paroissiale. Comme son père, il combattit l’évêque de Strasbourg jusqu’en 1490. Général de cavalerie de Maximilien Ier en 1496, il fit la campagne d’Italie contre les Florentins et mit à la disposition de l’empereur 98 valets de pieds. Pour ses services, il fut récompensé et investi des dîmes de Hartmannswiller et du fief de Schweighouse comprenant le château et les villages disparus de Husen et Ennwiller”.
- Source Anne et Jean-Luc Eichenlaub (2002) : https://www.alsace-histoire.org/netdba/waldner-de-freundstein-anstatt/
… et Katharina De Reinach…
Le couple eut huit enfants cités par Ernest LEHR dans “L’Alsace noble”, Tome troisième, Paris Veuve Berger-Levrault et Fils, paru en 1870 :
- Christophe De WALDNER (né en 1485, chevalier de Saint-Jean, à Rhodes, commandeur de plusieurs commanderies, puis bailli et prévôt à Rhodes, chef de la langue d’Allemagne (1522), tué pendant le siège de Rhodes, le 17 septembre 1523) ;
- Jean-Jacques I De WALDNER (1487-1537, colonel de 500 lansquenets, conseiller et président de la régence impériale en Haute-Alsace (1523), acheta le village de Sierentz, pour 5,000 florins, de son beau-père, Bourcard de Hallweyl, et reçut, trois ans après, de l’archiduc Ferdinand, l’investiture de ce village, ainsi que le droit de glaive. Il eut quatre enfants de son mariage avec Catherine De HALLWEYL (1522) ;
- Thiébaut De WALDNER (né en 1491) ;
- Béat De WALDNER (né en 1493, tué, au service de l’empereur, pendant le siége de Rome en 1527) ;
- Sébastien De WALDNER (né en 1496, chanoine à Bâle) ;
- Jean De WALDNER (né en 1500, chevalier du Saint-Sépulcre , commandeur à Pavie, mort, en 1527, des suites d’une blessure reçue au siège de Rome) ;
- Hélène De WALDNER (née en 1502, reçue chanoinesse d’Andlau en 1521, puis mariée à Bourcard De HALLWEYL) ;
- Christine De WALDNER (née en 1505, morte à Andlau en 1527).
- Source : L’Alsace noble, par Ernest LEHR, Tome troisième, Paris Veuve Berger-Levrault et Fils, 1870, page 180 – https://archive.org/details/LAlsaceNobleVol3
… et des coucous Valdenaire dans le nid !
Dans de nombreux arbres généalogiques en ligne, des Valdenaire se répandent, sans fondement et sans justifications, dans la descendance Waldner à partir d’Hermann V (le père d’Anstatt), ainsi :
- Félicien Jean Fresse VALDENAIRE (né vers 1461 et décédé après 1525 à Fresse-Sur-Moselle, Vosges).
Et dans la descendance d’Anstatt :
- Grand Demange VALDENAIRE (vivant de 1517/19 à 1555/57 (?) ;
- Petit Demange VALDENAIRE (né vers 1500).
La proximité de prononciation à la française entre “Waldener” et “Valdenaire” en est la première cause.
Le cas Jean « VAULDENAIRE » de Fresse
Le coucou niché et repéré dans la progéniture internet d’Hermann V se nomme Félicien Jean Fresse VALDENAIRE.
Dans “A LA RECHERCHE DES VALDENAIRE”, Essai de synthèse généalogique, Tome I (des origines au XVIIIe siècle), version Juin 2002”, l’auteur H. Dierstein traite de cet individu en page 9 au chapitre A. Jean « VAULDENAIRE » de Fresse (ca 1461- après 1525) :
“Jean « VAULDENAIRE » est incontestablement le plus lointain VALDENAIRE retrouvé à ce jour. Né vers 1461, il est cité sur Fresse-sur-Moselle dès 1510 dans une « cherche » du ban de Ramonchamp « Jean VAULDENAIRE, amende jugiée par les forestiers jurez et Soulbsez de ce qu’il n’est point descombé le real bannal en la noye… ».
Jean apparaît comme témoin lors de la délimitation des duchés de Lorraine et d’Alsace en 1521, appelé Jean « WAULDENAIRE » il est qualifié de « maréchal*, de Fress près St Maurice, loyaut homme, subject de Mons. de la Vaul, en état de mariage, âgé de soixante ans ou environ, souvenance de quarante ». La même année il est acensé** par les officiers du bailliage de Remiremont, pour lui et ses « hoirs » à savoir une place « à la Gueux Mallet estant es pasture de Fresse pour en tel place faire molin … », il verse une redevance dans le même compte conj. Jehan FABVEREZ, de Fresse pour « la saubvegarde et protection d’ung estang qu’ils font ou prétendent de faire sur leur héritaiges ou audit à la Faingue… la Foucière… ».
Jean « VAULDENAIRE » est également cité dans des listes de « conduits » du bailliage des Vosges et d’Epinal en 1525 et 1532. Ces documents sont établis à des fins fiscales, un « conduit » étant en Lorraine synonyme de « feu » c’est-à-dire de ménage imposé.
Jean a eu au moins un fils cité avec lui en 1532 sans que le prénom ne soit mentionné. Ce fils est peut-être un autre Jean cité dans une autre liste de « conduits » du bailliage des Vosges et d’Epinal en 1558. En 1532 est également cité sur Fresse Claude VALDENAIRE inconnu par ailleurs”.
* “Initialement, le mareschal ou maréchal (marhskalk, en ancien francique) est un « domestique chargé de soigner les chevaux », tel le fourrier. Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Mar%C3%A9chal
** “Un acensement ou accensement désigne, sous l’Ancien Régime, la concession (en général assez longue, voire perpétuelle) de la jouissance d’une terre, par exemple, moyennant une redevance, le cens”. Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Acensement
De là à le considérer comme étant un Waldner De Freundstein de par sa qualité de maréchal, il n’y a qu’un pas !
Les origines des Valdenaire
“Les VALDENAIRE sont présents dans l’actuel département des Vosges depuis au moins le début du XVIe siècle, répartis en trois foyers importants :
– Dans la vallée de la Moselle en particulier à Fresse-s/Moselle où un porteur de ce patronyme est cité dès 1510
– A Plombières / Hérival où ils sont cités dès 1522.
– A Ventron où deux VALDENAIRE (ou VAULDENAIRE) sont cités depuis 1523.
A priori aucune relation de parenté n’a pu être décelée entre ces différentes souches, au XVIe siècle et à fortiori aux siècles suivants ; une origine distincte n’est donc pas impossible ».
- Source : “A la recherche des Valdenaire”, H. Dierstein, Tome 1, Les origines, page 7.
Ventron

- Carte géométrique de la France dite “Carte de Cassini”. Dressée par ordre du roi Louis XV, et mesurée par Cassini de Thury, elle fut la première au monde établie en s’appuyant sur une triangulation géodésique. Les travaux sur le terrain et la gravure de la carte sur cuivre entrepris en 1750 ne furent terminés qu’en 1815. Source : https://www.geoportail.gouv.fr/
“Ventron est une commune française de moyenne montagne située dans le département des Vosges en région Grand Est. Elle fait partie de l’unité urbaine de la Bresse, de la communauté de communes des Hautes Vosges et se situe dans le massif des Vosges.
Ses habitants sont appelés les Véternats.
La commune est située à 6 km de Cornimont dont elle partage le code postal, à 13 km du Thillot, à 30 km de Remiremont et 30 km de Thann. Le col du Page (957 m) permet de rejoindre Bussang par une route forestière. Ventron est aussi limitrophe de l’Alsace, relié à la vallée de la Thur par le col d’Oderen”.
Grand et Petit Demange Valdenaire
Toujours d’après H. Dierstein dans son ouvrage “A la recherche des Valdenaire”, en pages 75 à 77 du Tome 1 :
« Les plus anciens Valdenaire apparaissent dans les recensement des « conduits » des bailliages lorrains. (…) Le recensement de 1525 des bailliage d’Arches et de Fontenoy mentionne également Ventron (…) Nous trouvons : Mengin VADELAIRE ; Jehan son fils ; Le Grant Demenge ; Le Petit Demenge”. (…)
“La présence d’un « Grand Demange » et d’un « Petit Demange » dans l’entourage des Valdenaire en 1525 (ils sont cités juste en dessous de Mengin et son fils) apparaît problématique, d’autant que « Le Grand Demenge » va se révéler un personnage-clé de la généalogie Valdenaire… (…)
“Grand Demange est cité de façon indirecte lors d’une procédure judiciaire entre la prévôté d’Arches et la communauté de Ventron en 1567, Un certain Gros Amet de Cornimont, interrogé lors de l’enquête, déclare être resté au service de Grand Demange, de Ventron, et de son frère environ 36 ans (de 1517/19 à 1555/57), selon d’autres témoignages Grand Demange, acheta un troupeau de porcs, au nom des habitants de Ventron, à Colas BEUGNAT, marchand de Faucogney (Haute-Saône), vers 1547, le même Grand Demange était également en contact avec un autre marchand bourguignon nommé CHARLOT qu’il reçut dans son logis en 1540 ou 1541. Autre document intéressant, la vente par Grand Demange, de Ventron, et son frère Demangeoit de tout ce qu’ils possèdent au clos de Dommartin (Dommartin-lès-Remiremont) à Pierre BOUDEL, prieur du Saint Mont (près St Amé) le 6 avril 1546.
Grâce à ces documents notre personnage prend un peu plus de consistance, négociant pour la communauté de Ventron avec des marchands Franc-Comtois, possessionné loin dans la basse vallée de la Moselotte près de Remiremont Grand Demenge dispose sans doute d’une certaine aisance voire d’une certaine autorité bien que n’ayant semble-t-il pas été maire de Ventron. Il décède probablement peu après 1557. Son frère « Demangeoit » de 1546 est probablement le Petit Demange cité à ses côtés en 1525.
Il est somme toute assez curieux que jamais le patronyme de ce Grand Demange ne soit mentionné. Cependant dans le recensement des conduits de 1558 on remarque que le maire est un nommé Bastien « Grant Demange » et que parmi les habitants on trouve un certain Colas « Grant Demange ». Le nom de famille GRANDEMANGE est totalement inconnu à Ventron à cette époque, il faut donc admettre qu’il s’agit de deux fils de Grand Demange désignés par leur prénom et celui du père comme le veut la coutume vosgienne. Mais cette fois-ci le « prénom du père » ne deviendra pas un « patronyme » car quelques années plus tard Bastien et Colas sont désignés sous le patronyme … VALDENAIRE ! La procédure de 1567 cite en effet le maire « Bastien WAULDENAIRE » et un autre protagoniste de l’affaire : « Grant Colas VAULDENAIRE ».
La situation n’est pas tout à fait éclaircie pour autant. Les fils s’appelant VALDENAIRE, le père devrait « logiquement » s’appeler ainsi, on a vu que ce n’était peut-être pas le cas. La transmission des patronymes est encore très variable à cette époque dans cette région aussi pourrait-on imaginer que Grand Demange ne soit simplement qu’un gendre d’un ancien VALDENAIRE (Mengin ?), ces fils relevant le nom maternel peut-être plus prestigieux dans le secteur de Ventron ? Il s’agit ici évidemment que de conjecture, l’hypothèse la plus probable étant qu’il s’agisse véritablement d’un VALDENAIRE, dont le prénom a été privilégié par rapport au patronyme comme cela était fréquent à l’époque. (Son fils Colas VALDENAIRE, est encore désigné simplement comme le Grand Colas de Ventron au début du XVIIe siècle”.
Les alliances nobles des Waldner
“Les Waldner ont eu des alliances avec les d’Andlau, les Hallwyl, les Reichenstein, les Wessenberg, les Lützelburg, les Flachsland, les d’Eptingen, les Reinach, les Ferrettes, les Berckheim, les Bärenfels, les Sickingen, les d’Ulm, les Dettlingen, les Venningen, les Rotberg, les Wetzel de Marsilien, les Bernhausen, Sandersleben, &tc”…
- Source : MÉMOIRE pour prouver que la Famille de WALDNER a droit de prendre le Titre de BARON, Signé Schwartz, Procureur de la Famille Waldner, 1772, page 26 – https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30695868.r=waldner?rk=429186;4
… mais pas d’alliances connues avec les Valdenaire, étant donné l’absence de la moindre pièce probante.
Laissons H. Dierstein conclure :
“Selon l’historien local Victor Valroff les VALDENAIRE seraient issus des WALDNER de FREUNDSTEIN alsaciens, cette thèse ne semble cependant guère plausible, en effet a aucun moment la généalogie des nobles WALDNER, étudiée en détail par Marcel A. Siffert, ne mentionne le départ d’un membre de cette famille pour la Lorraine, à fortiori de trois frères comme cela est relaté par M. Mailly dans ses « Pages d’Histoire de Ventron », d’autre part on voit mal un rejeton issu de la noblesse féodale se transformer en marcaire sur les hautes chaumes vosgiennes” !
De LAMBOLEY jusqu’à VALDENAIRE
Ascendants de la branche familiale LAMBOLEY jusqu’à Grand Demange VALDENAIRE :
- Génération 1
- 1 – Charles, « Ferjeux » LAMBOLEY 1867-1923
- Génération 2
- 2 – Férréol LAMBOLEY 1830-1900
- Génération 3
- 4 – François Xavier LAMBOLEY 1793-1860
- 5 – Marie « Marguerite » GEORGE 1793-1869
- Génération 4
- 9 – Anne « Marie Reine » PY 1752-1810
- 10 – Jean Nicolas GEORGES 1753-1814
- Génération 5
- 18 – Jean Romany PY 1716-1762
- 20 – Dominique GEORGE 1717/-1787
- Génération 6
- 36 – Claude PY 1688-1769
- 41 – Marie CHEVRIER 1688-1742
- Génération 7
- 72 – Martin PY 1655-
- 82 – Nicolas CHEVRIER 1660-1729
- Génération 8
- 145 – Laurence PERNEL 1621-1703
- 165 – Jeanne THOMAS ca 1636-1677
- Génération 9
- 291 – Mougeotte VALDENAIRE ca 1593-1673
- 331 – « Claudette » Nicole Mougeotte VALDENAIRE 1595-1662
- Génération 10
- 582 – Sébastien VALDENAIRE 1575-1641
- Génération 11
- 1 164 – Bastien VALDENAIRE 1538-/1608
- Génération 12
- 2 328 – Grand Demange VALDENAIRE †
Table des matières
- Étymologie
- Goldbach-Altenbach
- Le château de Freundstein, fief des Waldner
- La féodalité en Haute-Alsace
- Le Livre Rouge
- Anstatt Waldner de Freundstein
- … et Katharina De Reinach…
- … et des coucous Valdenaire dans le nid !
- Le cas Jean « VAULDENAIRE » de Fresse
- Les origines des Valdenaire
- Ventron
- Grand et Petit Demange Valdenaire
- Les alliances nobles des Waldner
- De LAMBOLEY jusqu’à VALDENAIRE
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